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L'AMOUR COURTOIS OU FIN'AMOR

L'amour courtois ou fin'amor (amour parfait), est un thème médiéval qui a fleuri au XIIème et XIIIème siècle sous l'influence des troubadours dont Guillaume IX, duc d'Aquitaine, le plus ancien que l'on connaisse. Il s'est développé d'abord en langue d'oc à l'instigation de sa petite-fille Aliénor d'Aquitaine puis s'est importé en France par la fille d'Aliénor et de Louis VII, Marie de Champagne. A cette époque oú le mariage n'est généralement qu'une alliance économique et politique ( Marie professe d'ailleurs qu'elle ne conç:oit pas l'amour dans le mariage, et que seul l'adultère peut être le berceau d'un sentiment aussi profond), il permet aux chevaliers et gentes dames de vivre selon des codes de chevalerie et de vertu, dans lesquels le sentiment romantique évoque beaucoup plus qu'une simple affection ou un intérêt sexuel.

Cette forme d'amour idéalisé et spiritualisé donne aux femmes un pouvoir important qui contraste avec la position qu-on leur accorde jusque là, la femme étant considérée comme inférieure à l'homme dans presque tous les domaines.

Sous l'influence des troubadours, les mentalités commencent à évoluer. Leur poésie entoure la femme de beaucoup de dignité, d'honneur et de respect ; elle en fait l'incarnation de la noblesse et de la vertu. Le principal objectif du troubadour n'est pas la possession de la dame, mais l'élévation morale que produit l'amour. Pour se rendre digne de la femme aimée, le soupirant doit cultiver l'humilité, la maîtrise de soi, la patience, la fidélité et toutes les nobles qualités qu'elle-même possède. Dans ces conditions, l'amour peut métamorphoser le moins délicat des hommes. Les troubadours pensent que l'amour courtois peut être une source de progrès social et moral, que la courtoisie et la noblesse ont leur origine dans l'amour.

Lorsque cette idée se répand, elle donne naissance à un code de conduite qui, avec le temps, imprégnera l'ensemble de la société. Cet amour courtois doit obéir à des règles et des préceptes rédigés en 1186 par André Le Chapelain à la demande de Marie de Champagne. Le chevalier ne peut aimer que s'il y est invité : il s'agit en effet toujours d'un chevalier et d'une dame d'un rang supérieur.. L'amant est alors fou d'amour, ne pense qu'à son amante et lui reste fidèle. Il ne doit rien lui refuser, ne doit rien faire qui ne lui plaise, mais cet amour doit rester secret . L'amour courtois doit être désintéressé, mais pas forcément platonique : la dame peut le récompenser d'un chaste baiser, mais aussi l'inviter dans son lit.

Les dames et leurs chevaliers servants ont une conscience aiguë de l'importance des règles et des codes, seules à même de permettre à une relation de s'élever jusqu'au domaine du sublime .

Marie de Champagne est également l'instigatrices des cours d'Amour, dirigées par des dames de haut rang social : ces cours peuvent être des réunions littéraires, oú poètes et troubadours viennent confronter leurs œuvres, et oú les dames désignent le vainqueur, mais elles servent aussi à examiner et à juger les manquements au code d'amour. Ces jugements sont rendus sérieusement et s'exécutent d'autorité, avec possibilité d'appel auprès d'une autre cour . Les jugements rendus font jurisprudence. Ces cours d'Amour furent rapidement renommées dans toute l'Europe, leur but étant de perfectionner l'idée de l'amour et de juger les amants qui n'ont pas respecté le code établi.

Gilbert DENELE





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