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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE
et de L'ESTRACELLES A BEUVRY




La Famille de BÉTHUNE en ANGLETERRE et en ECOSSE :
Les BÉTHUNE de BALFOUR

Lorsqu'en 1066 Guillaume le Conquérant part envahir l'Angleterre avec une armée estimée à 5000 hommes, il est accompagné de nombreux chevaliers, membres de la plupart des familles nobles du pays. Parmi ceux-ci, sans doute un seigneur de BETHUNE, dont le nom ne figure pas sur les différentes listes proposées (plus ou moins crédibles) répertoriant les compagnons de Guillaume.

J'ai cependant trouvé, dans une histoire généalogique des châteaux gallois, que, parmi « les flamands »qui ont participé à la conquête, il y avait les « avoués de Béthune » et un Gunfrid (ou Godefroy) de Ceoches auxquels ont été attribuées des terres. Les Archives du département du Nord contiennent par ailleurs des lettres par lesquelles Guerri, abbé de Feversham, et tout le couvent reconnaissent que Robert de Béthune, avoué d'Arras, leur a donné, du consentement de Robert, Guillaume, Bauduin, Jean et Conon ses enfants, toute la terre de Missewelle avec ses appartenances, à tenir en fief sous la redevance annuelle de six livres sterling à payer à Robert ou à ses héritiers, à Feversham. Robert promet de les protéger contre tous hommes, excepté contre le roi d'Angleterre. L'abbaye déclare avoir payé à Robert, pour ces lettres et la confirmation, cent marcs sterling; elle promet faire participer à ses prières Robert, Adelice, sa femme, et Clémence, sa mère.

Les seigneurs de Béthune possédaient donc des terres en Angleterre, mais ceci ne prouve pas qu'ils aient participé à la conquête, car on trouve aussi, dans ces mêmes archives, qu'en 1160 ou environ, est conclu un accord entre Robert, avoué de Béthune et Bauduin, châtelain de Lens et leurs héritiers, par lequel le châtelain, sa femme et Eustache leur fils, donnent à Robert, pour mettre fin à leurs différends, la terre que Ségard de Ceoches, Heldiarde, sa fille et Rainald, fils d'Heldiarde, possédaient en Angleterre, en fief du roi d'Angleterre.

D'autre part, dans le fonds historique de la médiathèque, j'ai trouve une notice (déposée par un anglais, Mr Ronald Saltman ancien adhérent des Amis du Musée), sur un Robert de Béthune, prieur puis évêque de Hereford, célèbre en son temps, surnommé « le bon évêque » qui sut protéger ses ouailles en cette période troublée où le roi Etienne (petit-fils de Guillaume le Conquérant) et sa cousine l'impératrice Mathilde se disputent la couronne et qui n'hésite pas à excommunier le comte de Gloucester, parce qu'il use de violence. Il meurt en 1148, à Reims, où il s'est rendu pour assister au Concile. Cette notice ne donne malheureusement pas d'indications sur sa filiation, mais ce Robert de Béthune est antérieur à Robert V le Roux.

Le premier seigneur de Béthune dont on retrouve trace en Ecosse est un Jean de BETHUNE, né en 1245 à LOKEREN en Flandre, arrière-petit-fils de Guillaume II le Roux de BETHUNE et de Mahaut de TENREMONDE ; il épouse vers 1275 à Westhall, en Ecosse Jeanette de COUCY, elle-même née à Boves dans la Somme en 1248. Je n'ai pas trouvé jusqu'à présent les raisons qui les ont amenés à tenter l'aventure anglaise ni pourquoi ils sont arrivés en Ecosse, mais ils y ont fait souche et sont tous deux décédés à Westhall. Leur petit-fils, Robert de BETHUNE, né vers 1310, est à l'origine de la maison de Béthune-Balfour, par son mariage en 1340 avec Janet de Balfour, héritière du château de Balfour (à la suite de la mort sans héritier de son frère aîné) : leur fils, Jean ou John Bethune, fut le 1er baron ou laird (en écossais : « propriétaire ») de Balfour.

Le nom de BETHUNE , comme cela arrive souvent, se déforme et se transforme et, suivant les auteurs, on trouve les mêmes personnages appelés indifféremment BETHUNE, BETHUN, BETHOUN ou BEATON (ou même BETON, BETUNIA ou BETUNEY) . On arrive ainsi, après une série de John de BETHUNE (coupée par un Archibald) à un David de Béthune ou BEATON, né en 1466, descendant à la 5ème génération du 1er baron de Balfour : ce David BEATON, Trésorier contrôleur de James IV Stuart d'Ecosse, achète en 1502 le château de CREICH, créant la lignée des BEATON de CREICH. Il est le second d'une famille de 10 enfants : son frère cadet, James de BETHUNE (ou BEATON) (7ème enfant et 3ème fils), sera Archevêque de SAINT ANDREWS, et chancelier d'Ecosse pendant la minorité de James V. Il faut noter que la famille s'était déjà alliée par mariage à deux reprises au clan des Stewart (orthographe écossaise dont Stuart constitue la francisation).

Son frère aîné, John Béthune, ne déroge pas à la tradition : il est père de 12 enfants, dont le quatrième, David BEATON (deuxième du nom) devient le plus célèbre de la famille.

DAVID, Cardinal BEATON

cardinal

Né en 1494, il fait ses études aux universités de St. Andrews et Glasgow, et à 16 ans est envoyé à Paris où il étudie droit civil et droit canon. Il commence sa carrière politique à la cour française, devient évêque de Mirepoix en Languedoc en décembre 1537 sur la recommandation du Roi François 1er, et en 1538 est nommé cardinal par le Pape Paul III, au titre de Santo Stefano al Monte Celio (l'une des plus grandes des 7 collines de Rome).

Il est le premier écossais élevé à cette dignité de façon incontestable, le Cardinal Wardlaw, évêque de Glasgow, ayant été nommé par l'antipape Clément VII. A la mort, en 1539, de son oncle l'Archevêque James Beaton, il devient Archevêque de St Andrews. En 1544, il est nommé légat pontifical en Ecosse.
Ayant acquis la confiance du roi James V Stuart, il devient son principal conseiller et sert plusieurs fois d'ambassadeur en France entre 1533 et 1542. . Il dirige les négociations pour le mariage du Roi, d'abord avec Madeleine de France en 1533 (fille de François 1er qui meurt six mois après son mariage), ensuite avec Marie de Guise en 1538.

Politiquement, Beaton s'est toujours préoccupé d'entretenir l'alliance franco-écossaise (il a d'ailleurs été naturalisé français), et de s'opposer aux positions politiques anglophiles, associées avec la poussée réformiste Protestante en Ecosse ("pollution totale et fléau d'impiété anglicane" comme il l'appelle). Il craint que James V ne suive la politique d'Henry VIII et ne s'approprie les revenus monacaux.

A la mort de James en décembre 1542 à la bataille de Mousse Solway, Beaton tente d'assumer la régence de la jeune reine Marie Stuart, en fondant sa demande sur une volonté tardive présumée du roi; mais on a considéré qu'il avait inventé cette volonté, et le Comte d'Arran, James Hamilton, héritier du trône après Marie, est déclaré régent. Le cardinal, blâmé pour sa politique de guerre qui a amené la défaite à Mousse Solway, est, par ordre du régent, confié à la garde de Lord Seaton. Avec Beaton éloigné du pouvoir, le parti anglophile persuade Arran de conclure un traité de mariage avec l'Angleterre pour la jeune reine, et de nommer un grand nombre de pasteurs protestants. En 1543 Beaton reprend le pouvoir, annule le traité et poursuit ceux qu'il considère comme hérétiques. Cependant, deux invasions anglaises en Ecosse, suivies d'une tentative d'invasion écossaise en Angleterre manquée en 1545 entraînent beaucoup de contestation à son égard.

En mars 1546, peut-être pour détourner l'attention de ces critiques, Beaton organise l'arrestation, le procès et enfin l'exécution sur le bûcher de George Wishart, prédicateur protestant puissant, confident et mentor de John Knox.Wishart, cependant, avait beaucoup de sympathisants, qui décident de le venger. Les conspirateurs, s'introduisent par ruse au lever du jour le 29 mai 1546 dans le château de St. Andrews, assassinent le cardinal et accrochent son corps aux remparts. A cette époque, on admet largement que sa mort sert les intérêts d'Henry VIII d'Angleterre qui considérait Beaton comme l'obstacle principal à sa politique en Ecosse.

Le meurtre de Beaton fut certainement un appoint considérable dans l'essor du protestantisme en Ecosse, encore qu'à cette époque il n'ait pas nécessairement été approuvé même parmi ses adversaires.

Beaton s'intéressa peu à la réforme de l'église, vivant, comme beaucoup de prélats d'avant cette réforme, en concubinage ouvert, pourvoyant avec prodigalité aux besoins de ses neuf enfants par des propriétés ecclésiastiques. C'était certainement un homme politique capable, certains considéraient sa position contre Henry VIII comme patriotique, mais d'autres, rappelant ses biens et intérêts en France, l'appelaient « le meilleur Français » d'Ecosse

Il ne semble pas que la famille de Béthune se soit par la suite impliquée dans l'histoire de l'Ecosse. La lignée des Béthune de Balfour se prolonge en ligne directe jusqu'au 15ème baron de Balfour en 1719 : le patronyme Béthune est par la suite repris par ses successeurs (neveux ou cousins éloignés). Certains membres de la famille se sont fixés sur l'île de Skye dans les Hébrides, puis ont ensuite émigré au Canada, en Nouvelle Ecosse dans l'île de Cap Breton, d'où ils ont essaimé au Canada et aux Etats-Unis, où ils sont actuellement très nombreux sous le nom de Béthune ou de Beaton. Mais ceci est une autre histoire …

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Blason des Béthune de Balfour : variantes


Gilbert DENELE





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