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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE
et de L'ESTRACELLES A BEUVRY




Vivre à BÉTHUNE autrefois
Les BOURGEOIS de BÉTHUNE


Qu'étaient ces bourgeois de Béthune ? Avant tout des Béthunois.

Etait considéré comme Béthunois celui qui vivait de façon habituelle dans les murs de la ville, à l'intérieur des remparts qui représentaient, sans compter le château, un périmètre d'environ deux kilomètres. Vers le XVè siècle, la banlieue fut considérée comme faisant partie de l'agglomération principale et les habitants des faubourgs devinrent des citadins comme les autres.


Mais tous ne jouissaient pas d'une situation égale par rapport au pouvoir communal. Quatre catégories de personnes pouvaient en effet cohabiter sur le territoire de la ville : les forains, les manants, les habitants et les bourgeois.

1 - Les forains

Gens de passage qui pour des raisons diverses sont hébergés à l'intérieur des murs de la ville. Ils gardent leur statut personnel, mais durant leur séjour sont astreints aux charges locales, aux prescriptions de police et à la juridiction échevinale. N'étant pas Béthunois, ils ne jouissent pas des privilèges conquis par la cité et doivent, avant de quitter la ville, payer un droit spécial «d'assise » (comme prescrit fans le ban des échevins)

2 - Les manants

Individus qui résident dans la ville mais sans y avoir acquis aucun droit, sauf celui de résidence. Ce sont en général d'anciens serfs venus des campagnes environnantes pour échapper aux lois sur le servage. Leur nom est inscrit sur les listes de recensement, ils sont soumis à la juridiction communale et paient leur part d'impôts, mais sont exclus du gouvernement, ne sont pas astreints au service militaire ou au service du guet et ne sont pas reçus dans les hôpitaux, mais bénéficient de la protection des remparts et de la commune qui ne les emploie que comme auxiliaires.

3 - Les habitants

Il ne suffisait pas de résider de façon continue sur le territoire de la ville pour en faire partie et avoir droit à tous les avantages octroyés. Il fallait en outre adresser une requête aux échevins en sollicitant de leur bienveillance son admission dans le corps des habitants et en se soumettant à l'avance aux charges et conditions qui pourraient être imposées, et fournir en outre un certificat du curé de sa paroisse témoignant de la pratique de la religion catholique et d'une conduite irréprochable. Le Magistrat délivrait à ceux qu'il jugeait dignes une «lettre » d'habitant à charge pour le nouveau promu de fournir à la ville deux seaux de cuir bouilli pour servir au feu de méchef (incendie). Outre la protection des remparts, l'habitant obtenait surtout une garantie de travail fort appréciable.

Cette situation d'habitant était normalement une étape vers l'accès à la bourgeoisie, et peu restaient habitants de leur plein gré, préférant tenter d'accéder à la bourgeoisie.

4 - Les bourgeois

Il était intéressant de devenir bourgeois : les avantages compensaient largement les charges attachées à ce statut.


Les droits :Sécurité personnelle d'abord, assurée par le respect de la personne, et surtout par la crainte des châtiments sérieux qui punissaient les coupables. Sécurité également devant l'arbitraire du seigneur : les échevins seuls pouvant les arrêter, sauf pour cas criminels. Les échevins-leurs pairs- étaient par ailleurs des juges impartiaux et avisés, acharnés à défendre les intérêts acquis. Sécurité enfin par l'assurance de trouver une aide immédiate de tous au seul cri de «commune et bourgeoisie » : tous étaient tenus de porter immédiatement assistance, an cas d'attaque ou de mêlée, à celui qui le poussait, mais le bourgeois encourrait une punition à la discrétion du bailli et des échevins s'il le poussait sans raison suffisante. Le bourgeois pouvait en outre faire arrêter sans titre exécutoire, avec l'aide de deux autres bourgeois, tout débiteur forain négligent de passage dans la ville et disposait du droit «d'arsin » (ou incendie) ou «d'abattis de maison » pour son honneur blessé en cas d'injure, si l'injuriant ne payait pas l'amende à laquelle il était condamné.

Enfin il disposait des droits civiques et politiques au complet : droit d'élire échevins, prévôt et mayeurs et d'être candidat à ces postes ; droit de vote à certaines délibérations échevinales, notamment en matière d'impôts, accordé même aux femmes bourgeoises veuves ou célibataires .

Les charges : outre les charges communes qui pesaient sur tous les habitants (charges fiscales, impôts et contributions diverses), le bourgeois était également tenu au service «d'ost » : surveillance des portes et murailles, garde et guet. Dans les cas graves il était enrôlé de plein droit dans la milice bourgeoise .il devait en outre répondre sans délai à tout appel de la cloche communale, et être prêt à se rendre à toute heure, en armes, à tout endroit qu'on lui désignerait.

Une dernière charge relevait de ses droits : le devoir d'assistance mutuelle au cri de «commune et bourgeoisie » ou simplement «bourgeoisie ».

Comment devient-on bourgeois ?

La première condition, indispensable, était la résidence dans la ville, effective et non point seulement apparente : le ban des échevins imposait une résidence effective d'un an et un jour ; une fois bourgeois, il fallait continuer à résider dans la ville. Cette résidence pouvait être à titre de propriétaire ou de locataire : le bourgeois est en général un roturier(Bien que la ville de Béthune se montrait très accueillante vis-à-vis des gentilshommes qui sollicitaient le droit de bourgeoisie sans perdre leurs droits nobiliaires), qui exerce souvent une profession manuelle : il fait partie des gens modestes et ne peut être tenu de posséder sa maison (ce qui n'est pas le cas dans toutes les villes : cf. Aire ou Saint-Quentin). S'il quittait la ville il perdait son titre de bourgeois et était passible du «droit d'escars » ou déchéance de la bourgeoisie qui s'élevait au septième de leurs biens.

Il fallait également manifester le désir d'être bourgeois, par une demande à l'échevinage et acheter son entrée dans la bourgeoisie. Si ce droit d'entrée était très élevé à Arras, il était faible à Béthune et correspondait à une légère gratification offerte à celui qui tenait le registre de bourgeoisie..

Fils et fille de bourgeois, s'ils jouissaient des privilèges dans leur jeune âge, devaient eux-aussi à leur majorité demander à entrer dans la bourgeoisie, dès lors qu'ils étaient sortis «de la gouverne » de leurs parents. S'ils ne le faisaient pas, ils étaient passibles du «droit d'escars » .

Le magistrat pouvait refuser son agrément à celui qui le sollicitait, pour toute cause raisonnable qui lui paraissait incompatible avec le titre de bourgeois. S'il était accepté, le nouveau bourgeois devait solennellement prêter serment entre les mains du prévôt, un jour de siège, en présence du conseil de ville au complet. Il était ensuite inscrit par les soins du greffier sur le registre de la bourgeoisie, et jouissait dès lors de tous les privilèges de son titre

Perte de la bourgeoisie ?

La bourgeoisie ne se maintient que par les vertus civiques du bénéficiaire. Celui qui méconnaît les obligations essentielles de son état peut être déchu de ses droits, ce qu'on appelait à Béthune «l'escarssage ». C'était le cas pour la violation du serment, le changement de résidence avec installation dans une autre ville d'un an et un jour, la violation du devoir d'assistance mutuelle. De même le fait de plaider devant une autre juridiction que l'échevinage, l'insolvabilité ou la cessation de paiement, ou une mauvaise conduite dans la vie privée

A Béthune, le mariage d'un bourgeois avec une non bourgeoise dans les sept ans qui suivaient la prestation de serment en traînait également l'escarssage.


La perte de cette qualité de bourgeois pouvait aussi être volontaire, mais entraînait aussi le droit d'escars du septième de ses biens. C'était très rare, car qui demandait la bourgeoisie entendait bien la garder. Selon Beghin, le premier individu escarssé à Béthune le fut en 1462.

L'individu escarssé était abandonné par la ville comme forain et l'on rayait son nom de la liste des bourgeois.

La règle étant que qui était bourgeois désirait le rester, qui ne l'était pas désirait y entrer, le nombre de bourgeois augmentait progressivement chaque année. Ce nombre était pourtant relativement peu élevé à Béthune. Selon le Comte de Loisne, le nombre de bourgeois représentait environ le seizième de la population de la ville.

Cela n'a pas empêché Béthune d'être toujours considérée comme une ville bourgeoise par les campagnes environnantes, ni ses habitants de garder le titre de «bourgeois de Béthune »

Sources : Marcel DEMONT : l'organisation municipale à Béthune sous l'ancien Régime

Gilbert DENELE





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