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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE
et de L'ESTRACELLES A BEUVRY




Vivre à BÉTHUNE autrefois

LE BAN DES ÉCHEVINS
ou l'Art de vivre à BETHUNE au 14ème siècle

14ème siècle : ce fut à peu près à cette époque que l'on rédigea le ban des eschevins, sage ordonnance qui aurait dû préserver la ville des nombreuses difficultés qu'elle eut au siècle suivant avec les baillis des seigneurs. Ce recueil forme un code des lois et règlements qui régirent cette ville au Moyen-Age.

•   le jeu de dés est interdit de nuit et de jour sous peine de trente sols d'amende. L'hôte, dans là maison duquel il aurait lieu, serait passible de la même peine, s'il ne le défendait pas. Cette défense ne s'applique pas aux jeux de table et d'échecs.
•   Les marchands qui se serviront de faux poids encourront la même amende; leurs poids seront en outre brisés.
•   Tous les poids devront être marqués à l'enseigne de la ville.
•   les mesures devront être également justes sous la même peine et sous celle d'être arsées(1) . Les mesures au blé, au tremois(2), au vin, à la cervoise et à l'huile, devront aussi être marquées.
•   Les taverniers et les cervoisiers auront des mesures en étain. Les hostelains(3) devront avoir dans le lieu même où ils déposent et vendent leur avoine une mesure marquée de l'enseigne de la ville. Si elle n'était juste, elle serait arsée.
•   Ceux qui mesureront ou auneront les marchandises devront avoir fait serment aux seigneurs et aux échevins. Les habitants du dehors ne pourront exercer cet emploi que les deux jours de franche fête.
•   Nul ne pourra prendre en gage du fils d'un bourgeois que le drap dont il est vêtu. Le crédit qu'on pourra lui faire sera de cinq sols. Celui qui le fera pour une somme plus grande perdra l'excédant si le débiteur ne jouit pas encore de son bien et sera passible d'une amende de trente sols.
•   Défense aux meseaux et meselles(4) non aian le pain à la maladrerie de venir mendier aux portes de la ville excepté aux quatre principales fêtes de l'année. S'ils y viennent on les abandonnera à despouiller au roi des Ribauds.
•   Même défense à ceux qui sont rentés à la maladrerie. S'ils y contreviennent, ils seront privés de leur pain.
•   Les armures invisibles et les couteaux sont défendus sous peine de confiscation et de soixante sols d'amende. Il est également interdit de venir armé dans la ville sous peine de perdre ses armes.
•   Chaque année après leur élection les nouveaux échevins demanderont au bailli pour eux et leurs compagnons issans, les cinq officiers de la ville, le clerc, le maître des oeuvres, le receveur et les deux serviteurs de la halle, lorsqu'ils auront prêté serment, l'autorisation de porter des armes et des couteaux. Le bailli devra la leur accorder et ne pourra la leur retirer sans le consentement des échevins. Si bon leur semble, les échevins qui auront obtenu cette autorisation pourront avoir à leur service un valet honnête à qui il sera également permis de porter un couteau pour l'honneur et la sûreté de son maître.
•   Le prévôt et les deux mayeurs régnants, après leur serment prêté, demanderont et obtiendront l'autorisation de porter des armes et des couteaux, laquelle leur sera accordée par le bailli qui ne pourra la retirer sans le consentement des échevins.
•   Aucun forain ne peut quitter la ville sans avoir payé l'assise.
•   L'huile pourra être vendue à la livre, mais la livre devra contenir une pinte et les quatre pintes un lot. Le vendeur devra indiquer à l'acheteur quelle espèce d'huile il lui vend, s'il en est requis.
•   Nul ne pourra parcourir la ville sans lumière après que la cloche du beffroi sera sonnée, s'il n'y est autorisé.
•   Défense est faite de briser des pierres aux portes de la ville autres que celles qui sont destinées à y être employées. On ne pourra en transporter hors de la ville; celles qui proviendront de démolition pourront l'être et servir à de nouvelles constructions dans les faubourgs.
•   Les maisons dans lesquelles il y aura des teintureries et des brasseries devront être enduites, si elles ne sont couvertes de tieulle(5) .
•   Une amende de soixante sols sera encourue par ceux qui, élevant des édifices dans la ville, ne les feront pas couvrir de tieulles ou de bonnes couvertures. La démolition de ces couvertures sera aussi la conséquence de leur contravention.
•   Nul ne pourra s'enfuir de Béthune pour dettes. Si ce cas se présente les biens du fugitif seront mis entre les mains de la justice et seront vendus après quarante jours s'il ne s'est pas présenté après que semonce lui aura été faite à la bretêque(6). Le produit de la vente servira au paiement de sa créance. Celui qui sera dépositaire d'objets appartenant au fugitif devra, sept jours après l'expiration de ce délai, en informer la justice, quand même ces objets lui auraient été donnés comme garantie de paiement pour dette envers lui contractée. Dans ce cas, ce créancier serait le premier payé.
•   Défense d'acheter et d'enlever par nuit les meubles de ceux qui ont l'intention de s'enfuir immédiatement après la vente, sous peine de soixante sols d'amende et d'un bannissement d'un an et un jour.
•   Les ribauds ne pourront rester à l'hôpital plus de temps qu'il ne leur est permis sans le gré du maître sous peine de bannisse ment d'un an et jour. S'il s'en trouvait qui voulussent y demeurer de force, ceux qui porteront assistance au maître pour l'en chasser n'encourront aucune poursuite.
•   Les haions(7) ne pourront rester droits de nuit sous peine d'amende et de confiscation, qu'aux deux fêtes de la ville.
•   Défense de quitter son logement sans en payer la location ou sans garantie suffisante au gré du propriétaire, d'enlever les cordes des puits ainsi que les hefs(8) , les échelles et les boucheaux de la ville.
•   Il est également interdit de démolir les pierres des ponts, des murs et des forteresses et d'en enlever les objets en bois et en fer qui servent à leur solidité. Le bannissement jusqu'au rappel des échevins frappera les contrevenants qui devront en outre réparer le dommage causé.
•   On ne pourra faire, ni jeter aucune ordure sur les murs ni dans les fossés de la ville. Les parents seront responsables de celles commises par leurs enfants. Il est défendu également à ceux qui n'habitent pas la ville de se promener sur ses murs, ni sur ses forteresses sous peine d'emprisonnement.
•   Il ne pourra être mis d'eau dans le verjus(14). Le verjus ne pourra être battu en la saison que sur le marché ou en un lieu indiqué à cet effet. Il devra être suffisamment salé au bloc. Il est défendu d'insulter les batteurs.
•   Le sable des chemins ne pourra être enlevé. Ceux qui en auront besoin ainsi que d'argile pourront en faire prendre aux sablonnières ou urgillières ouvertes, en payant un denier par benelée(9) et deux deniers par caiée.
•   Le jeu de fauchille est interdit dans la banlieue de Béthune.
•   Les marchands de chaux ne pourront la vendre que par mesure. Ceux qui la mesureront devront prêter serment.
•   Nul cabaretier ou cochereau ne pourra acheter de volailles qu'aux marchés indiqués.
•   Défense de faire sourclane ou fausse serrure sous peine de bannissement ni vilénies (ordures) à dix pieds près des portes de la halle aux draps et des échevins, des maiseaux(10) ni des étaux au pain. Si l'on met du fumier sur le marché ou dans les rues, il devra être retiré dans le délai de cinq jours. Passé ce temps, pourra s'en emparer qui voudra.
•   En quittant une taverne on sera tenu de payer son écot si l'hôte l'exige.
•   Les marchands de cauches devront amener leurs marchandises les jours de marché au lieu accoutumé.
•   Les draps devront être en halle avant dix heures les jours de marché. Ces jours les marchands ne pourront rien vendre, ni auner chez eux.
•   Aucun étranger ne pourra mesurer les draps ni en la ville, ni en la banlieue; mais des commis rétribués par les vendeurs seront nommés par le seigneur et par la ville à cet effet.
•   Les pennes neuves et vieilles ne pourront être vendues ensemble.
•   Dans l'intérieur de la ville les barbiers, fourniers, boulangers, ni cabaretiers ne pourront avoir de pourceaux chez eux.
•   A chaque voiture de charbon il n'y aura que quatre porteurs. Le sac de gros charbon contiendra cinq quartiers. Si l'acheteur veut le faire mesurer, il le pourra. Nui marchand du dehors ne pourra en vendre hors du marché. Ceux qui en auront acheté devront, avant de le revendre, l'avoir reconduit et déchargé chez eux.
•   La garance se mesurera à la mesure de la ville.
•   Il est défendu de laisser pâturer les bestiaux dans les propriétés d'autrui, ni dans les fossés ou allées de la ville,
•   Les prêteurs à usure ne pourront prélever que quatre deniers sur la livre.
•   Les fagots amenés à Béthune en char ou charrette devront être placés en long.
•   Quand des charrois auront lieu dans l'intérieur des portes de la ville, le charretier devra toujours surveiller ses chevaux et les tenir.
•   Les vendeurs d'aux et ognons seront tenus de les vendre entre l'hôtellerie St-Jean et la Treille.
•   Aucune plantation ne pourra avoir lieu sur les quemins de la ville.
•   Les terres louées devront être amendées par les locataires.
•   Les maiseaux des bouchers devront être ouverts depuis soleil levant jusqu'à midi, et du premier coup de nonne à cinq heures du soir, entre la St-Rémi et les quaresmeaux. Et de Paques à S-Rémi, l'ouverture se prolongera jusqu'au coucher du soleil.
•   Les chiens des bouchers ne pourront être amenés aux maiseaux; ils pourront seulement les laisser parcourir la ville pour escorter leurs bestiaux,
•   Il est défendu aux bouchers de tuer dans l'intérieur de la ville. S'ils contreviennent à cet article, la viande sera distribuée aux pauvres.
•   Les teinturiers, dont les maisons sort situées sur les bords de la rivière depuis le pont de pierre jusqu'à celui de St-Pry, ne pourront avoir de basse chambre sur cette rivière, sous peine de soixante sols d'amende et de démolition dans le délai de huit jours. Ils ne pourront rien y jeter qui puisse en interrompre le cours. Cette dernière clause s'applique aussi aux tanneurs, wautiers(11) et autres.
•   Celui qui fera arrêter et emprisonner quelqu'un pour dette devra en déclarer la cause, s'il en est requis, et jurer qu'elle est juste. S'il s'y refuse, il paiera l'amende comme faux clain, et le prisonnier obtiendra sa liberté.
•   S'il prouve en partie la justesse de l'arrestation lors même que le prisonnier la nierait entièrement il ne paiera pas d'amende.
•   Les fèvres(12)et maréchaux qui forgeront au vêpre, depuis la cloche des pardons à St-Betremieu, seront tenus d'avoir leurs maisons closes. Il en sera de même s'ils forgent le matin avant que celle du jour soit sonnée.
•   Nul ne pourra esteingher ni lin, ni chanvre à la lumière qu'en cellier voûté de pierre. Le lin ne pourra être chauffé qu'en bonne cheminée.
•   Aucune injure ne pourra être dite au clerc de la ville, au maîtres des oeuvres, au receveur, ni au procureur, ni aux deux sergents des échevins dans l'exercice de leurs fonctions. Une amende de soixante sols frappera les délinquants. Une autre de dix livres sera encourue par ceux qui porteront la main sur eux.
•   Seront également passibles d'une amende de trente sols ceux qui ne porteront pas respect aux eswardeurs(13) dans le même cas, et toute violence exercée contre eux sera punie par une amende de dix livres.

Extrait du Dictionnaire historique et archéologique du pas de Calais Tome I - Arrondissement de Béthune-
Ouvrage à la disposition des adhérents à la bibliothèque de l'Association
GLOSSAIRE

(1)
brulées
(8)
crochets
(2)
blé de printemps coupé à 3 mois
(9)
contenance d'une benne
(3)
aubergiste
(10)
abattoirs,boucheries
(4)
lépreux,lépreuses
(11)
gantiers
(5)
tuiles
(12)
forgerons
(6)
bretèches
(13)
gardes ou contrôleurs de qualité
(7)
toile ou tente qui abrite l'étalage d'un marchand
(14)
jus de raisins verts, d oseille ou de fruit acide, saveur entre le vinaigre le citron.

Gilbert DENELE





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