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L'ÉCOLE d'HIER

Né le 1er janvier 1944 à La Couture, je n'ai aucun souvenir de la guerre. Trop jeune également pour me rappeler la libération. Mais si vous me demandez mes souvenirs d'école, alors là, vous pouvez me croire, ils sont là et encore bien présents. Tout d'abord, il faut savoir que dans mon village, il y avait trois écoles :

touret

•     Le centre, avec d'un côté les garç:ons et, en mitoyenneté, de l'autre les filles.

•     L'embranchement, école mixte

•     Le Touret, mon école primaire, également mixte : Quelle chance !

Ces trois écoles construites entre les deux guerres ressemblaient à toutes les écoles des villages voisins, eux aussi ayant souffert de la guerre.

L'école d'hier ressemblait vraiment peu à celle d'aujourd'hui. Pour ma première rentrée, le 1er octobre 1948, mes parents m'avaient acheté une blouse grise ("pare-poussière"). Il faut dire que, dans notre école républicaine, ces tabliers gommaient les différences vestimentaires qu'aurait pu entraîner le statut social de telle ou telle famille. Cette blouse grise devait durer toute l'année, ce qu'elle faisait d'ailleurs, même si le 30 juin 1949, elle était raccommodée, avec en plus l'ajout de quelques pièces.

Pour ce qui est du vestimentaire, il faut y ajouter les courtes culottes, les longues chaussettes, les chaussures, et, comme il fallait du solide, les semelles étaient garnies de clous ("des daches") pour les renforcer.

ecole les 3 freres
plumier

Quant au cartable ("carnasse"), pour ranger les cahiers avec leurs protège-cahiers, les buvards publicitaires pour boire et sécher les taches d'encre violette, l'ardoise et son éponge, mais pas encore les livres, j'ai récupéré celui que mes deux frères aînés avaient utilisé. Plus tout neuf, mais, comme pour les vêtements, c'est l'inconvénient d'être le dernier d'une famille de trois garç:ons. Pas de stylo à bille mais un porte-plume avec une bouteille d'encre, crayons et le taille-crayons, le porte-mines et les mines pour l'ardoise, etc.. Le tout rangé soigneusement dans le beau plumier en bois blanc, fabriqué par Franç:ois MATHON, mon grand-père maternel..

Venons-en à l'école "mon école" : une pièce prévue pour 40 élèves, meublée avec vingt tables à deux places ou plutôt "des pupitres" que l'on cirait une fois l'an, juste avant les grandes vacances, une estrade, une armoire, un bureau pour Mr GASNIER, notre excellent instituteur, et le poêle
Que de souvenirs avec ce poêle, en plein milieu de la salle , avec son gros conduit de fumée qui traversait toute la salle, pour mieux chauffer en hiver. Chaque matin, il y avait un responsable, inscrit sur une liste tenue à jour par l'instituteur, pour allumer ce gros poêle. Je me souviens, lorsque c'était mon tour de "corvée de feu", d'arriver une demi-heure avant les copains et copines, avec quelques morceaux de bois et un peu de paille, une "torquette". Pour ce qui est du charbon, il fallait aller le chercher dans le petit débarras, dans la cour de l'école..

salle

Ah si cette pièce à charbon pouvait parler, elle vous dirait que c'était l'endroit des premiers baisers donnés à la sauvette et des premiers flirts d'adolescents. Il est vrai qu'à cette époque, rares étaient les enfants qui faisaient de longues études. On passait le certificat d'études à quatorze ans (quatorze ans et demi pour votre serviteur !). il faut savoir qu'il y avait des programmes distincts pour les enfants des villes et ceux des campagnes. A l'école du Touret, les filles apprenaient la couture et les cours ménagers, quant aux garç:ons ils étudiaient la terre et ses rendements ..

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1954

Que de travail pour l'instituteur qui enseignait et corrigeait toutes les classes, préparatoires, élémentaires, cours moyens et fin d'études, c'est-à-dire des élèves de quatre à quatorze ans ; les stratagèmes qu'il déployait pour nous faire travailler, bons points, images.. faisant naître en nous l'esprit collectionneur (votre serviteur !)

instruments

Penchons nous maintenant sur les bons moments de la récréation, indispensable et tellement attendue, avec tous ses jeux traditionnels : les filles jouent à l'élastique, la marelle, à la balle ; les garç:ons au chat perché, aux billes, à la balle au prisonnier, au ballon foot, pas trop accepté par notre "instit" et encore moins par le voisin, Napoléon QUENEUTTE, qui n'admettait pas que l'on passe au dessus du mur, mitoyen avec la cour d'école, pour aller récupérer le ballon, envoyé par les maladroits dans son jardin. Je me souviens qu'une fois il est venu "pleurnicher" et ramener une manne, remplie d'avions en papier, à notre instituteur. Pas toujours facile d'être voisin d'une école primaire mixte d'une quarantaine d'élèves, et je ne parle pas des cris ! Il me semble intéressant de voir également les jeux interdits par "l'instit", comme de tirer les rubans dans les cheveux des filles, ou de relever leurs jupes ! ç:a c'était pour embêter les filles qui ne portaient pas de bas nylon, mais de jolies socquettes blanches. Autre jeu de garç:ons, le concours du "pipi le plus haut". Il est vrai que l'on avait des toilettes garç:ons à trois places, accostées à un mur vertical en plâtre … alors vous voyez comme il était facile de voir qui pissait le plus haut ! mais il ne fallait pas se faire prendre, les traces laissées sur le mur nous accusaient, et alors les tours de cour, les mains sur la tête, étaient notre punition. Comme vous le voyez, beaucoup de bons souvenirs de mon enfance, et de mon école du Touret que j'ai fréquentée pendant dix ans, au rythme de deux allers et retours à pied, soit quatre kilomètres quotidiens : trajet plus que correct par rapport à d'autres élèves qui pouvaient faire jusque huit kilomètres, pas de bus, pas de voitures conduites par maman ou papa !

Autre observation, si l'hiver 2009-2010 fut bien présent, que dire de nos hivers des années 1950. chez les MONNIER, deux pièces pour cinq personnes : une pour la chambre avec quatre lits (ç:a tient chaud) et l'autre pour le séjour, la cuisine les repas et même la salle de bains ("bassine") le samedi soir. Mais revenons à nos hivers très froids. Ceux-ci nous permettaient de pouvoir "glisser " dans les fossés gelés en allant à l'école. Il est vrai qu'avec nos chaussures à clous c'était super. Mais même en été, les fossés nous servaient de terrain de jeux. On rentrait à la maison non par la route, mais par les fossés en passant dans les buses (bûches), des ponts d'entrée dans les maisons ou pour aller dans les champs.

Dernière remarque sur "l'écolier d'hier" : il avait droit à deux jours de congés par semaine, le jeudi et le dimanche : journées consacrées à l'église, mais là c'est un autre sujet .
A une prochaine fois peut-être …


Bruno MONNIER

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