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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE
et de L'ESTRACELLES A BEUVRY




LES IMPRESSIONISTES
Berthe, Claude, Edouard, Paul et les autres


Morisot

Monet ; Berthe Morisot au bal

C'est une femme en noir. Le chapeau et la robe ont l'éclat des ailes d'un corbeau, des cheveux aux mèches rebelles, et sur la poitrine, à la place d'un bijou, un bouquet de violettes. Ce tableau, " Berthe Morisot au bal " peint par Manet en 1872 a fait le tour du monde, mais n'a toujours pas livré son secret. De la fierté dans le regard, mais sans arrogance, à la fois doux et sévère, il est et restera l'énigme de toute une vie.

Née en 1841, la plus jeune des trois filles du couple Morisot appartient à la bourgeoisie parisienne des beaux quartiers. Très vite attirée par la peinture et particulièrement douée, c'est sa rencontre avec Monet et Manet qui va lui permettre de s'intégrer à un groupe de peintres qu'elle ne quittera plus. Ils rejoignent le groupe de Barbizon avec Pissaro, Degas et d'autres

Manet fils de nantis, Monet au contraire toujours empêtré dans des problèmes de fin de mois. Ces deux là se complètent. Ils sont différents mais ils ont en commun le rejet de sujets académiques copiés dans les musées. Ils veulent s'aérer, aller voir les jardins, la clairière, les enfants sur des balançoires, là où ils sont, regarder la nature et la peindre. rejoignent le groupe de Barbizon avec Pissaro, Degas et d'autres.

Très mal accueillis par la critique passéiste parisienne, ils seront vilipendés, ridiculisés. En 1870 Manet s'investit dans une exposition privée, il ne vendra aucune de ses 53 toiles. Seule Berthe se voit accepter le très beau paysage "Chaumière en Normandie". Monet dont on a refusé les tableaux est dans une misère noire. Camille, sa femme, est enceinte, l’argent manque tous les jours. Degas, Cézanne et Van Gogh sont dans le même dénuement.

C'est du tableau de Monet «Impression soleil levant»; que naîtra le terme d’impressionniste. En 1872 ils sont acceptés au Salon et on commence à supporter leur différence.


Huit ans plus tard ils entrent au Louvre les uns après les autres et les prix grimpent. Le temps des vaches maigres est passé, il aura duré plus de vingt ans. L’Allemagne est le premier pays à les accueillir. Puis New-York expose 300 oeuvres de Manet, Monet, Renoir, Pissaro, Cézanne et bien d’autres avec un succès complet. Les grandes villes américaines suivront, il y a un très beau Berthe Morisot à Richmond en Virginie, puis Saint-Pétersbourg, Moscou, Tokyo, le monde entier les demande. Après la guerre de 1914 une compétition des prix va naître qui progresse encore aujourd’hui.

Rappelons que l’entrée en force des Impressionnistes au Louvre fut l’œuvre de la famille Nissim de Camondo qui offrit en 1911 à l’Etat français sa somptueuse collection. Degas, Sisley, Monet, Cézanne, Van Gogh et les autres sont enfin mis à l’honneur et toute la presse salua, sans réserve, cette donation inespérée, entrée à Orsay en 1986.

Monet

Renoir : portrait de Monet



Renoir

Renoir par Bazille

Mais revenons à Berthe Morisot. Elle est toujours le modèle préféré de Manet, qui cessera curieusement de la peindre après son mariage. Elle le fascine et il y a entre eux une amitié - sinon plus - aussi intense qu’;au premier jour. En 1874, après la mort de son père et quelques prétendants éconduits, elle se décide, à 33 ans, à épouser Eugène Manet, le frère d’Edouard, de sept ans son aîné, qui vit de ses rentes. De mauvaise santé, il fait à Berck-Plage ou dans le midi des séjours fréquents qui n’arrangent rien. Il peint comme son frère, mais sans en avoir le talent. Il va se mettre au service de sa femme, gérer sa vie, traiter la vente de ses tableaux, la réconforter dans ses doutes permanents. Quatre ans après le mariage naît Julie. Très vite elle vit au pied du chevalet de sa mère qui la peindra, seule ou avec d’autres enfants, dans plus de 70 tableaux, « Maternité », « Julie au violon », « à la mandoline », le superbe « Cerisier », mais rarement avec son père, et quand, jeune fille, elle se mettra elle-même à la peinture, le mimétisme sera flagrant. Les amis sont toujours là, Renoir avec sa bonne humeur et son entrain, Degas, Monet, Cézanne, Pissaro.

Peu à peu la santé d'Eugène s'altère, la famille quitte Paris pour la campagne, près de Giverny où Monet, après la mort de Camille et son remariage, retrouve sa passion des nymphéas aux couleurs sublimes, qu'il peindra, enfin apaisé, jusqu'à sa mort.

Mais le malheur n’est pas loin. Edouard Manet souffre depuis longtemps d'une maladie redoutable que l'on taît, la syphilis. Il ne sort plus mais peint sans cesse alors que ses tableaux continuent d’être refusés ou vendus à prix bradés. Le visage émacié de ses deux derniers autoportraits montrent déjà qu'il est perdu.

Il meurt dans d’atroces souffrances le 30 avril 1883 à 51 ans, trop tôt pour être enfin reconnu. Dorénavant Berthe ne quittera plus les vêtements noirs qu’il aimait tant. Quelques années plus tard, c'est au tour d'Eugène de faiblir ; il n'est plus que l’ombre de lui-même et meurt le 13 avril 1892

>Berthe désorientée par les soucis matériels et s’inquiétant de l’avenir de Julie âgée de 15 ans, Degas, Renoir et Monet la rassurent en formant un conseil de famille.

L’année 1894 est celle de son succès au salon de Bruxelles avec « Le Flageolet », « La sonate de Mozart ». Elle meurt l’année suivante, en quelques jours, d’une mauvaise grippe à 54 ans.

Elle sera enterrée près d’Edouard et d’Eugène dans la plus stricte intimité.

Un an plus tard les toujours fidèles amis et Julie inconsolable organisent en son souvenir une rétrospective : 394 toiles et pastels et un succès total. A 22 ans, Julie épouse Henri Rouart, peintre et fils de collectionneur et ne renoncera jamais à peindre. La famille Rouart a récemment offert ses collections superbes au musée Marmottan.

Une dernière remarque. Curieusement, alors que Berthe adorait les échanges épistolaires, on ne retrouvera aucune de ses nombreuses lettres à Edouard Manet et réciproquement. Perdues ou supprimées ? « Mieux vaut détruire les lettres d’amour « avait-elle dit un jour à une amie. A chacun sa vie !

Manet

Manet : Auto-portrait

- PS De nombreux tableaus d'Orsay ont une histoire. Par exemple l'énigme de "La famille Bellelli" et la supercherie de "L'absinthe " de Degas ou la curieuse force tranquille de " La femme à la cafetière" de Cézanne et il en existe bien d'autres.On les découvre dans m'intéressant ouvrage de Germain Bazin et le guide de poche d'Orsay. Ces deux ouvrages ainsi que le catalogue de %arùottan sont consultables à la bibliothèque de notre Association.

Paule BOURGEOIS




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