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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE
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De la Médecine aux Armées sous le Consulat

La lettre publiée dans ce bulletin est adressée, depuis Friedberg, quelques jours après la bataille de Marengo, par son supérieur à Jean-Claude Garrigue, docteur en Médecine, chirurgien. Celui-ci est en poste à Augsbourg, chargé de l'administration des hôpitaux installés dans les couvents de la ville. Augsbourg et Friedberg sont des villes de Bavière, appartenant aux pays d'Empire, que les Français occupaient depuis le traité de Campoformio signé avec l'Autriche le 17 octobre 1797. Nommé chirurgien-principal en mai 1812, Jean-Claude Garrigue mourra en Espagne le 23 juillet 1812
On notera l'utilisation du terme nosocomial avec la même signification qu'aujourd'hui.

Cette lettre est extraite de documents obligeamment prêtés par M. TRINQUET qui en a autorisé la reproduction. Qu'il en soit remercié.

Friedberg, le 10 messidor an 8 (30 juin 1800)

Je vous invite de plus en plus, mon brave Garrigue, à rester inflexible sur les principes, et à redoubler de zèle, s'il est possible, pour que nos pauvres malades soient aussi bien qu'ils doivent être en pays conquis. Je vous conseille de ne laisser au grand hôpital que les cas les plus graves, et d'éviter tout encombrement. Prenons garde à la contagion, à la fièvre nosocomiale et à la gangrène humide.

Lorsque vous aurez 4 ou 500 blessés d'un premier ordre, c'est autant que le local pourra en contenir, sans perdre sa salubrité. Il faut envoyer chez les nonnes tout ce qui pourra marcher, ou ne sera que médiocrement malade. Tombez sur les couvents, et résistez comme vous avez fait jusqu'à présent aux séductions de Satan. Vous avez bien justifié l'opinion distinguée que j'avais de votre moralité, empêchez la prévarication s'il est possible, ou du moins tenez ferme pour que les malades n'en soient pas les victimes.

Je vous autorise à retenir, pour votre service, les chirurgiens qui arriveront ou passeront par Augsbourg. Quand le C. Duret de 1ère classe y sera, vous lui donnerez le service extérieur et lui assignerez autant de chirurgiens qu'il en faudra. Il serait à désirer qu'à chaque couvent, il pût en avoir 2, 3 ou 4 à demeure. On vous en trouvera pour tous les besoins, il faut que les maisons religieuses où l'on enverra des malades soient chargées de tout fournir, depuis le linge et pansements jusqu'aux médicaments.

Ne nous rétractons pas sur cet article dont l'exécution sera confiée aux chirurgiens désignés par vous pour diriger le service dans chacun des dits couvents. J'attends de nos collaborateurs qu'ils feront tous leurs efforts pour que les malades soient bien. Il est juste de donner aux moines le temps nécessaire pour les approvisionnements, mais il convient, il est essentiel, de les serrer de près, autrement tout manquerait. Conduisez cela équitablement et rigoureusement. Je suis obligé d'accompagner à Munich le général en chef. Je serai de retour après-demain. Qu'à mon arrivée à Augsbourg, je trouve le service bien en train.

Il ne vous viendra plus guère de blessés, mais il y aurait de la maladresse à l'annoncer aux moines. Il faut les entretenir dans l'attente du plus grand nombre possible et avoir l'air de leur faire grâce de ce qu'on ne leur en donne pas en surcroît. Cette faveur doit passer pour être le prix de leur dévouement et bons offices.

Vous ferez sortir des Jésuites les malades que nous y avons envoyés, et cela avec précaution. Les RP tiennent les écoles publiques et ont une considération. Je joins ici l'état des ressources qu'offrent les moines de toutes espèces. Suivez-en les documents et commencez toujours par les plus riches.

J'ai oublié de donner aux Carmes leur part. Adressez leur la quantité de malades proportionnée à leurs forces et ne souffrez pas que les moines de Ste Croix se débarrassent sur ceux-la de leur charge personnelle. Si Ste Croix veut faire tous les frais de l'établissement de l'hôpital St Sébastien à 1/4 de lieue de la ville, nous y enverrons les 400 malades qui leur sont destinés, et chaque jour ils subviendront copieusement aux besoins de cette maison.

Je vous salue fraternellement
LEROY





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