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B&EacuTHUNE et le NOUVEAU MONDE

Le nom de BETHUNE, comme celui de BEATON qui pour certains en découle, est assez répandu aux Etats-Unis comme au Canada, soit qu'il s'agisse vraiment de descendants de la Maison de Béthune ou de descendants d'esclaves noirs à qui l'on attribuait, de façon courante, le nom de leur maître.
Trois villes (ou villages) du Nouveau Monde portent le nom de Béthune : deux aux Etats-Unis, une au Canada, mais n'en tirons pas trop de fierté, cela ne signifie pas que Béthune soit connue, loin s'en faut, dans ces pays : ce nom leur a été donné en hommage ou en souvenir de certaines personnalités.

canada

Ainsi en est-il du village de Béthune dans la Saskatchewan (province de l'Ouest du Canada), comptant 380 habitants, fondé en 1912 le long de la voie de chemin de fer et ainsi nommé en raison de C B BETHUNE, l'ingénieur qui dirigeait les travaux de la voie.

«C'est également l'arrivée du chemin de fer, la voie étant la propriété de Daniel Murdoch BETHUNE, qui a fait en 1900 appeler « Béthune » la ville de Lynchwood dans le comté de Kershaw en Caroline du Sud (352 habitants en 2000) . Par contre la commune de Béthune (200 habitants en 2007) dans le comté de Kit Carson au Colorado aurait, elle, été fondée par des trappeurs français venus chercher fourrures et peaux de bison.
Il existe également des rues de Béthune dont une en particulier à New York, ainsi dénommées en hommage à Mary MacLeod Béthune que nous retrouverons tout à l'heure…
Les BÉTHUNE au CANADA
♦ JOHN BETHUNE, ministre de l'église d'Ecosse, né en 1751 d'une famille respectée dans l'île de Skye, en Ecosse, son père Angus BETHUNE étant le descendant d'un des lairds de Balfour. Après des études au King's College, concrétisées par une licence puis une maîtrise ès lettres en 1772, il est reçu ministre de l'église d'Ecosse. En 1773, il émigre avec quelques membres de sa famille en Caroline du Nord, colonie qui était devenue un refuge pour des milliers de Highlanders durant les années qui suivirent le soulèvement jacobite de 1745-1746 (visant à remettre sur le trône d'Angleterre et d'Ecosse les descendants des Stuart). John sert d'abord comme aumônier des Royal Highland émigrants, unité loyaliste levée dans la province de Québec, et participe à ce titre à la bataille de Moores Creek Bridge, où, comme des centaines d'autres Highlanders, il est capturé par les rebelles victorieux et emprisonné à Philadelphie. Après le licenciement de son régiment en 1784, il crée la première congrégation presbytérienne à Montréal, ville où il épouse en 1782 Véronique Waddens, fille d'un trafiquant de fourrures du Nord-Ouest d'origine suisse. En mai 1787, à la demande d'un groupe de colons des Highlands, il s'installe dans la région ouest de la province de Québec, laquelle allait bientôt devenir le Haut-Canada. Il consacre le reste de sa vie à son ministère auprès des colons des Highlands du comté de Glengarry, dans le Haut-Canada, et à sa famille de six fils et trois filles, jusqu'à son décès le 23 septembre 1815. John Bethune est le ministre le plus honoré et le plus respecté parmi les pionniers de l'église d'Ecosse au Canada, et ses enfants lui firent honneur.
♦ DONALD,le cadet (1802-1869) après des études de droit et une carrière d'avocat, s'intéresse à la politique et à la banque, puis devient armateur de bateaux à vapeur naviguant sur le lac Ontario et obtient du gouvernement, en 1840, le contrat de la livraison postale. En 1842, Donald a des intérêts considérables, quand il n'en est pas l'unique propriétaire, dans au moins dix bateaux à vapeur naviguant sur le lac Ontario. Il ambitionne le monopole et se livre à une lutte acharnée contre son principal concurrent dont il parvient à racheter les bateaux. Mais minée irrémédiablement par la récession de 1848, par les nouveaux concurrents, par sa dette à la Bank of Upper Canada qui s'élevait à plus de 30 000 livres et par nombre d'autres dettes, son entreprise s'effondre à la fin de 1848 et tous ses bateaux sont vendus. Il reprend alors la pratique du droit et en 1864, on reconnaît sa réussite comme avocat en le nommant conseiller de la reine. Sa carrière constitue un exemple significatif du développement inconsidéré dont était l'objet le transport aussi bien par eau que par chemin de fer.
♦ JAMES GRAY (1793-1831), quatrième fils du révérend John Bethune, fonctionnaire, juge de paix et officier de milice, mais surtout homme d'affaires, s'intéresse lui aussi aux bateaux à vapeur et à la banque et devient en 1830 directeur général de la succursale de Coburg de la Banque du Haut-Canada, mais ses activités de banquier entraînent sa ruine. L'argent étant rare dans cette région, il met à la disposition des clients de la banque, ainsi qu'à la sienne, de généreux crédits par le biais de pratiques aussi risquées que les endossements réciproques de billets et l'émission de traites de complaisance sans garantie suffisante, toutes pratiques qui enfreignent les règles de la banque centrale. Il est forcé de démissionner en novembre 1833. En dépit de ses avoirs, il se voit dans l'impossibilité de couvrir ses pertes : il est mis en faillite et fait même un bref séjour pour dettes à la prison de Coburg en 1836. Furent aussi durement touchés par son retrait des affaires ceux qui s'étaient portés garants pour lui, ainsi que les habitants du district qui lui avaient confié leur épargne.
♦ JOHN (1791-1872), le troisième fils, est reçu à l'Eglise d'Angleterre et devient le premier bénéficiaire du programme de formation que l'église d'Angleterre offre sur place aux Canadiens qui se destinent aux ordres. Ordonné en 1814, il est nommé ministre de la Christ-Church, à Montréal, et premier pasteur de la paroisse anglicane de Montréal que le gouvernement provincial venait de fonder (ces deux paroisses desservaient toute la ville de Montréal et ses banlieues). En 1819, il fonde une école où les élèves plus âgés enseignent aux plus jeunes. Pour combattre la misère grandissante, il coopère activement avec des groupes interconfessionnels. En novembre 1835, il est nommé recteur pro tempore de McGill University dont il achève la construction vers 1843. L'enseignement, principalement les langues classiques et les mathématiques, commence alors avec trois étudiants : deux d'entre eux étaient les neveux du recteur qui était également professeur de théologie à la création du diocèse de Montréal en juillet 1850, il devient pasteur, puis doyen de la cathédrale Christ Church en 1854, le premier au Canada à recevoir cette dignité.

■ Son fils aîné, STRACHAN BÉTHUNE, conseiller de la reine, fut chancelier du diocèse de Montréal de 1868 à 1910.

♦ ALEXANDER NEIL (1800-1879) cinquième fils du révérend , lui aussi ministre de l'église d'Angleterre, devient en 1827 pasteur de la paroisse de Cobourg puis recteur de cette même paroisse où il exerce son ministère jusqu'en 1867, année où il fût consacré évêque, d'abord coadjuteur de l'évêque de Toronto avec le titre d'évêque de Niagara, puis évêque de Toronto au décès du titulaire en 1868.


♦ ANGUS le fils aîné (1783-1858), fut trafiquant de fourrures comme son grand-père Waddens. Entré au service de la North West Company, il établit des relations commerciales avec la Chine pour la vente de fourrures. Passé par la suite dans la nouvelle Hudson's Bay Company, il en devient agent principal. Il quitte officiellement la compagnie en 1841 et s'établit à Toronto, où il devient membre du conseil d'administration de la Bank of Upper Canada. Il s'intéresse également à la politique locale et se fait élire au conseil municipal de Toronto en 1845.
Si sa longue carrière, remplie d'aventures, d'agitation et de controverses, ne fut pas couronnée de grands succès, ses descendants, et notamment son arrière-petit-fils comptent parmi les plus célèbres des Bethune canadiens

■ Son fils, NORMAN BETHUNE (1822-1892), est un médecin renommé, professeur de chirurgie, co-fondateur d'une faculté de Médecine à Toronto dont il devient doyen. Chirurgien militaire, il soigne les blessés à la bataille de Solferino avec Henri DUNANT.
■ Le petit fils de Norman BETHUNE, HENRY NORMAN BETHUNE, admirait tellement son grand-père qu'il abandonna le patronyme d'Henri pour se faire appeler comme lui NORMAN BETHUNE.
Né en 1890 à Gravenhurst en Ontario où son père Malcolm était pasteur, il entreprend en 1909 des études de médecine, après avoir travaillé deux ans comme bûcheron, puis enseignant pour pouvoir se payer l'université. En 1915, il s'engage comme brancardier dans l'armée britannique. Blessé à Ypres, il termine ses études puis s'engage à nouveau comme chirurgien dans la Royal Navy. Il est médecin militaire pour les aviateurs canadiens en France pendant les six derniers mois de la Première Guerre mondiale.
Rendu à la vie civile, il reprend des études avancées en Angleterre, puis installe à 34 ans son premier et unique cabinet à Détroit, au Michigan. Deux ans plus tard, il est atteint de tuberculose.
1922

Norman Béthune en 1922

Traité en sanatorium, il épluche tout ce qui concerne sa maladie et découvre un nouveau traitement risqué : le pneumothorax. Il demande qu'il lui soit appliqué et se remet sur pied au bout d'un mois Il quitte le sanatorium après un séjour d'un an, etdécide désormais de se consacrer à la lutte contre la tuberculose.
Au début de 1928, il déménage à Montréal et travaille à l'hôpital Royal Victoria où il est le premier adjoint du docteur Edward Archibald, le pionnier de la chirurgie thoracique au Canada. En plus de pratiquer la chirurgie, il rédige de nombreux articles pour des revues médicales, dans lesquels il propose des innovations chirurgicales et des améliorations fondées sur ses propres recherches. Il met au point beaucoup de nouveaux instruments qu'il cherche constamment à perfectionner. Une cisaille qu'il a conçue pour couper les côtes et qui porte son nom est encore fabriquée de nos jours
Sur le plan professionnel, Norman Bethune se bâtit une réputation internationale de chirurgien adroit et consciencieux. Mais sur le plan social, il est beaucoup moins orthodoxe. C'est un homme complexe, qui peut à la fois irriter et inspirer. Il prend souvent, de son propre aveu, " plaisir à scandaliser le bourgeois ". Il s'habille de façon originale et circule au volant d'une petite décapotable jaune.
Prenant conscience des effets de la crise de 1929 sur la santé des pauvres, il en vient à penser que la médecine doit s'attaquer aux causes sociales de la maladie tout autant qu'aux symptômes physiques. En 1935, il met sur pied une clinique gratuite à l'intention des chômeurs. La même année, il assiste à une conférence internationale de physiologie organisée en Union soviétique et il en profite pour étudier la médecine socialisée et se convainc que seule l'intervention du gouvernement dans la pratique privée peut assurer des soins médicaux à tous, sans égard à la situation financière. En 1936, il organise le premier groupe voué à la socialisation de la médecine, premier maillon de la sécurité sociale au Canada. La même année, il adhère au Parti communiste.

A l'été de 1936, la guerre civile éclate en Espagne. Comme beaucoup d'autres, il croit que la victoire d'une dictature militaire en Espagne menace la démocratie dans le monde et doit donc être empêchée. En septembre 1936, il se porte volontaire pour l'Espagne sous l'égide d'un organisme canadien, le Committee to Aid Spanish Democracy.

Peu après son arrivée à Madrid, il se rend compte que les blessés doivent être soignés au plus près et conçoit un service mobile de transfusion sanguine qui recueille le sang des donneurs dans les villes pour le transporter ensuite sur le champ de bataille, où il est le plus indispensable. En moins d'un mois, cette unité est sur pied. Bien qu'il la qualifie plus tard de " simple service de livraison de lait ", cette banque mobile de sang passe pour la plus importante innovation en médecine militaire de la guerre civile d'Espagne.

En mai 1937, le corps médical des républicains est devenu une bureaucratie dans laquelle il ne peut plus travailler. Contrarié et épuisé, il revient au Canada où il se lance immédiatement dans une tournée de conférences pour recueillir des fonds pour l'Espagne. Le même été, cependant, éclate la deuxième guerre sino-japonaise. Norman estime qu'une autre dictature militaire menace de dominer la Chine. " L'Espagne et la Chine- écrit-il- font partie du même combat. Je vais en Chine parce que c'est là que le besoin est le plus pressant. "

Le 8 janvier 1938, il quitte le Canada pour la dernière fois, en compagnie de Jean Ewen, une infirmière canadienne; il apporte pour 5 000 $ de fournitures médicales. Il se rend dans la capitale provisoire de la Chine libre, Hangzhou, où le représentant du parti communiste, Zhou Enlai, lui offre une escorte jusqu'au quartier général du Parti à Yan'an, quelque 800 kilomètres au nord-ouest.

richard

Richard Brown (à gauche),
un missionnaire canadien,
guide Norman Bethune

Dès son arrivée à Yan'an, Mao Zedong, président du Parti communiste chinois, le convoque et l'invite à rester et à superviser l'hôpital frontalier de la 8e armée. Cependant, Norman décide qu'il serait plus utile sur le front, où il pourrait soigner les blessés sur place. Il quitte donc le Yan'an pour les montagnes de la région frontalière isolée de Chin-C'ha-Chi, à 300 kilomètres au nord, où les combats font rage. Etant l'un des rares médecins qualifiés dans cette région de 13 000 000 d'habitants et constatant que ceux qu'il forme peuvent à leur tour en former d'autres, il se consacre à l'enseignement. Il organise des cours de base sur les premiers soins, l'hygiène et la chirurgie. Il écrit et illustre des manuels qui sont traduits, miméographiés et distribués; son but est de former des médecins diplômés en un an, du personnel infirmier en six mois.

Norman propose à ses supérieurs militaires de créer au front même un hôpital où des cours et des soins médicaux seraient dispensés. Ces derniers émettent des réserves pour des raisons de tactique militaire, mais leur respect pour lui est tel qu'ils l'autorisent à aller de l'avant.

Pendant deux mois, il planifie et supervise la construction de son cher " hôpital modèle ", qu'il inaugure en grande pompe le 15 septembre 1938. Moins de trois semaines plus tard, le bâtiment est détruit par l'ennemi. Il se rend alors compte que, dans cette zone de guérilla, toutes les installations médicales doivent être mobiles. " Le temps est révolu, écrit-il dans son rapport mensuel suivant, où les médecins attendaient que les malades viennent à eux. C'est désormais à eux de se rendre auprès des blessés ". L'année suivante, il parcourt plus de 4 500 kilomètres, dont 600 à pied dans des défilés escarpés où même les mules ne peuvent passer. Il conçoit un bloc opératoire qui peut être transporté par deux mules. Il travaille à un rythme prodigieux; il lui arrive une fois d'opérer 115 personnes en 69 heures sans s'arrêter, même sous le feu de l'artillerie.

En peu de temps, le nom Baiqiuen (Bethune transposé phonétiquement en chinois) est légendaire. " à l'attaque, Baiqiuen est avec nous! " devient le cri de guerre des soldats. On raconte les faits et gestes de cet étranger extraordinaire qui ne craint pas les privations et qui donne ses vêtements, sa nourriture et même son sang aux blessés. Norman répond bien au dévouement des Chinois. " Je suis fatigué, c'est vrai- écrit-il à un ami au Canada- mais je ne me rappelle pas avoir été aussi heureux. On a besoin de moi. "

Vers la fin d'octobre, alors qu'il opère un soldat blessé sans ses gants de caoutchouc, Norman se coupe accidentellement au doigt. Sur le coup, il ne prête aucune attention à cette blessure; il s'est déjà coupé sans qu'il y ait eu de complications. Cette fois pourtant, la coupure s'infecte et il s'ensuit un violent empoisonnement du sang. Il refuse cependant d'interrompre son travail et meurt le matin du 12 novembre 1939.

tombeau

Tombeau original de Bethune à Nan Kuang,
          le " défilé sud " de Chu-ch'eng.

Apprenant sa mort, le président Mao rédige un texte intitulé "A la mémoire de Norman Bethune ". C'est aujourd'hui un de ses écrits les plus célèbres, et les mieux connus des Chinois. Norman Bethune est un héros national, qui personnifie l'accomplissement désintéressé du devoir, et son image apparaît partout, sur des affiches ou dans des livres. Parfois quelques mots seulement d'une phrase de l'ouvrage de Mao suffisent à l'identifier :

" Se dépenser sans compter "

monument

Des monuments ont été érigés à travers toute la Chine pour louer l'exemple de Norman Bethune. Son hôpital modèle a été reconstruit. L'abri qu'il avait bâti sur le flanc d'une montagne, le temple désaffecté où il opérait et les maisons qu'il a habitées ont été convertis en musées. En 1950, sa dépouille a été transportée au cimetière des Martyrs de Shijiazhuang, consacré à quelque 3,2 millions de soldats chinois victimes de la guerre de résistance. Dans ce parc immense se trouve une statue plus grande que nature, celle de Norman Bethune. De l'autre côté, près du musée Bethune, se trouve l'hôpital international de la Paix Norman Bethune, qui peut accueillir 800 patients.

maison canada

Au Canada, l'ancien presbytère de Gravenhurst, lieu de naissance de Norman Bethune, a été acheté par le gouvernement du Canada en 1973 et inauguré officiellement à titre de maison commémorative en 1976. En 1990, la Chine et le Canada ont émis un timbre commémorant le centenaire de sa naissance.

L'acteur canadien Donald Sutherland a joué le personnage de Norman Bethune dans deux films biographiques : Bethune (1977) et Bethune, the Making of a Hero (1990), une co-production canado-franco-chinoise

Enfin dans les années 1960, le Canada de Pierre Elliott Trudeau a évoqué Norman Bethune pour se rapprocher de la Chine. C'est à travers l'action de Trudeau que Richard Nixon a pu s'introduire en Chine.

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Gilbert DENELE





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