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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE
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LES PASSAGES COUVERTS DE PARIS
Le 31 Mai, sous un grand soleil, nous avons parcouru avec plaisir les passages couverts de Paris, depuis le Palais Royal jusqu’au boulevard Montmartre. Ces pages raviveront les souvenirs des participants, mais intéresseront certainement tous les Amis du Musée, et les inciteront peut-être à reprendre à leur compte cette agréable exploration …
passages L'idée de constituer des galeries couvertes bordées d'échoppes est ancienne. Elle a pris des formes variées selon les civilisations (notamment les souks). À Paris, ce phénomène a pris un essor particulier dans le deuxième quart du dix neuvième siècle.
Les galeries de bois du Palais-Royal, créées en 1786, sont considérées comme le prototype de ces passages. Puis viennent les passages Feydeau (démoli en 1824), ceux du Caire et des panoramas en 1799.
Près de trente passages seront construits sous la Restauration et la Monarchie de Juillet.
Le passage piétonnier permet au passant de quitter les « embarras de Paris » avec ses risques, ses odeurs et son vacarme. Le passage est un lieu de lumière (éclairage zénithal), de rencontres (notamment galantes) et d'achats (grâce aux commerces), centrés sur la rive droite, là où la foule était nombreuse entre les grands boulevards, près des salles de spectacle.

Galerie VERO-DODAT

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19, rue Jean-Jacques Rousseau – 2, rue du Bouloi
Longueur 80 m – largeur 4 m – Inscrite à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques

En 1826, deux investisseurs, le Charcutier Véro, qui avait fait fortune en Bourse, et le Financier Dodat décidèrent de construire une galerie entre les rues du Bouloi et Jean-Jacques Rousseau.
Ils firent bâtir une galerie néo-classique avec des ornements en cuivre et fonte, des miroirs, des peintures, des colonnes, et un sol pavé de marbre noir et blanc et de globes de lumière.
La Galerie Véro-Dodat doit son succès à la boutique des « Messageries Laffitte et Gaillard », située face à l’entrée, sur la rue Jean-Jacques Rousseau. Les voyageurs en attendant leurs diligences allaient flâner parmi les magasins à la mode.
On y trouvait la boutique « Aubert » qui imprimait et vendait les journaux « Le Charivari » et « La Caricature ». Les caricatures de Daumier, Gavarni, Cham ou Grandville étaient exposées en vitrine et de nombreux curieux s’attroupèrent devant le magasin. La jeune actrice Rachel, qui triomphait déjà au théâtre-Français, logeait au deuxième étage.
Le Second Empire et la disparition des « Messageries » marquèrent le déclin de la galerie. L’échoppe « Aubert » disparut et fut remplacée par un marchand de malles.
Même si l’attrait de la galerie a diminué, elle continue à offrir au promeneur une image évocatrice de la Belle époque. Elle fut restaurée en 1997.

Le PALAIS-ROYAL

PR1 En 1624 le cardinal de Richelieu devient ministre du roi Louis XIII et décide de faire construire en 1632 un palais. Les travaux sont confiés à Le Mercier ( architecte favori de Richelieu ) qui édifiera le Palais Cardinal. en 1639, où le cardinal mourut le 4 décembre 1642. Le palais est alors légué au roi qui meurt l'année suivante.
Anne d'Autriche et le dauphin, futur Louis XIV s'installent dans le palais qui prendra alors le nom de Palais Royal. Le Palais est donné en apanage à Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV et mari d'Henriette d'Angleterre qui mourut dans ce palais. Philippe II d'Orléans, le Régent, occupe ensuite le Palais où seront organisés des soupers libertins.
Son arrière petit fils Philippe Egalité, pour subvenir à ses frais importants, agrandit le Palais Royal et loue le rez-de-chaussée à des commerçants, tenanciers de tripots, transformant ainsi le Palais Royal en véritable cité du jeu et du plaisir. Il fait également construire de 1786 à 1790 le théâtre destiné à remplacer la salle de l’Opéra, brûlée en 1781. Ce théâtre allait devenir le Théâtre-Français.

En 1786, trois des quatre bâtiments prévus furent achevés selon les plans de Victor Louis. La construction de la quatrième aile fut différée faute de crédits suffisants. À sa place, l’entrepreneur construisit les Galeries de Bois. Elles furent prolongées par une autre galerie en 1792 dont le toit ajouré de dalles de verres lui fit donner le nom de Galerie Vitrée.

Les galeries du Palais Royal devinrent le modèle de la vie dans les passages : les flâneurs s’y abritaient des intempéries, le libertinage s’y exerçait sans contrainte.
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Le Palais Royal devient à partir de 1801 le siège du Tribunal puis de la Bourse et du Tribunal de Commerce. En 1814, Louis XVIII restitue le palais à son cousin, Louis-Philippe, sixième duc d’Orléans et fils aîné de Philippe Egalité. C’est lui qui entreprit les travaux qui devaient donner au palais en 1829 l’aspect qu’il a de nos jours. Il devint en 1830 Louis-Philippe Ier, roi des Français, et quitte le Palais-Royal pour les Tuileries en 1831.

À la suite d’un incendie qui ravagea la Galerie Vitrée, l’architecte Fontaine détruisit les deux galeries pour en bâtir une nouvelle, la Galerie d’Orléans.

Celle-ci fut une des plus grandioses et originales de l’histoire des galeries parisiennes, mais marqua cependant le déclin de la vie particulière du Palais Royal car le roi Louis-Philippe supprima les tolérances dont bénéficiaient les approches du Palais.>


En 1871 lors des événements de la Commune le Palais Royal est incendié. Il sera restauré pour accueillir à partir de 1875 le siège du Conseil d'Etat, qui l’occupe encore aujourd'hui. Il abrite également le Conseil Constitutionnel, une partie du Ministère de la Culture et des logements de fonction de hauts fonctionnaires.

On peut y admirer les colonnes de Buren qui malgré certaines controverses s'inscrivent parfaitement dans ce cadre, particulièrement lorsqu'elles sont illuminées.
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Galerie VIVIENNE

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longueur 176 m – largeur 3 m

Le président de la Chambre des Notaires, Maître MARCHOUX, souhaitait construire la galerie la plus belle et la plus attractive des passages couverts de Paris. Celui-ci associa pilastres, arcs et corniches, aux différents symboles de la réussite (couronnes de lauriers, gerbe de blé et palmes), de la richesse (cornes d’abondances) et du commerce (caducée de Mercure).

La grande galerie de 42 m de long est suivie d’une rotonde vitrée avec une coupole en verre hémisphérique, d’origine, permettant une aération modulée.
La galerie se termine rue des Petits Champs par une vaste salle rectangulaire surmontée d’une verrière monumentale d’où s’élève un bel escalier suspendu menant autrefois à l’appartement de l’ex-bagnard et chef de la sureté Vidocq.

La mosaïque du sol est l’œuvre de Facchina, célèbre mosaïste italien qui a réalisé les mosaïques de l’opéré Garnier après avoir participé à la restauration de celles de la Basilique Saint-Marc à Venise.
La galerie Vivienne fut inaugurée en 1826. Elle attira bon nombre de visiteurs avec ses boutiques de tailleur, bottier, marchand de vin, restaurateur, libraire, mercier, confiseur, marchand d’estampes ..

Galerie COLBERT

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En 1826, la société Adam et Compagnie acheté à l’état un ancien hôtel, construit par Le Vau, ayant appartenu à Colbert, puis au régent Philippe d’Orléans. Afin de concurrencer la Galerie Vivienne, la société Adam et Compagnie décida de faire construire, au lieu et place de l’hôtel, une galerie tout aussi remarquable que sa voisine.
L’architecte J. Billaud élevé une vaste rotonde, éclairée par un dôme de verre. Au centre, il avait placé un magnifique candélabre en bronze portant une couronne de sept globes de cristal, éclairés au gaz, qu’on appela le "cocotier lumineux". Aujourd’hui disparu, il a été remplacé par une statue datant de 1822.

Colbert1 L’architecture de la galerie inspira de nombreux architectes de toute l’Europe : le principe de la rotonde a été souvent retenu quand il s’agissait de croiser des allées dans une galerie.
La galerie, fermée en 1975, a été rachetée par la Bibliothèque Nationale. Le département des Arts du spectacle y expose des maquettes et des costumes et le musée Charles Cros rassemble les collections de la Phonothèque Nationale. Elle est surtout animée par la fameuse brasserie "Le Grand Colbert", qui arbore un décor style 1830.

Passage des PANORAMAS

panoramas

panoramas1 Le passage des panoramas a été crée en 1800, à l'emplacement de l'ancien hâtel de Montmorency-Luxembourg. Il doit son nom aux deux énormes rotondes installées sur le boulevard par l'Américain Thayer, dans lesquelles étaient présentés de vastes tableaux trongoramiques.

En 1834, l’architecte Jean-Louis Grisart lui adjoint les Galeries Saint-Marc, des Variétés, de Feydeau et de Montmartre pour concurrencer les galeries Colbert, Vivienne et Véro-Dodat.

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La loge d'Hortense Schneider

Le succès du passage fut immédiat grâce à l’enthousiasme des parisiens pour les panoramas, à son exceptionnel emplacement sur le boulevard, à proximité de la Bourse, et surtout du Théâtre des Variétés qui vient s’y adosser en 1807. En 1816, on y expérimenta l’éclairage au gaz.

Le théâtre des Variétés, dont le propriétaire est Jean-Paul Belmondo, et dont la façade s’ouvre boulevard Montmartre, possède son entrée des Artistes dans la galerie des Variétés, qui s’ouvre à angle droit dans le passage des panoramas. Galerie très fréquentée au 19ème siècle (comme on peut s’en douter) après le spectacle, et notamment lors de la grande époque où Jacques Offenbach y faisait triompher ses opérettes.

Avec ce passage des panoramas s’est terminé notre excursion dans les passages couverts et dans « la belle époque ». Nous aurions pu poursuivre par le passage Jouffroy, le passage Verdeau, jusque la rue du faubourg Montmartre, ou un peu plus loin le passage du Grand Cerf ou le passage du Caire, mais …
Cependant comme disait une chanson : « Allez-y donc, qui vous empêche … »

Gilbert DENELE





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