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PATRONYMIE

Un tiers des enfants nés chaque année dans le monde est promis à une existence très difficile faute de certificat de naissance s'inquiète l'UNICEF. Sans document officiel, environ 40 millions d'enfants, dans une trentaine de pays, sont sans l'impossibilité d'aller à l'école, de recevoir des soins et plus tard de se marier, de posséder un terrain, de voter ou d'avoir un passeport.

Ces enfants qui vivent pour la plupart, dans les pays en voie de développement, sont souvent les plus marginalisés, les plus oubliés. (Carol Bellamy - les progrès des nations 1998 - UNICEF - Londres). L'absence de certificat frappe en particulier les enfants déplacés par la guerre, la famine ou les catastrophes naturelles.

Privés d'acte de naissance, ils passent leur vie en marge du monde « officiel », trébuchant sur des obstacles qui ne se dresseront jamais sur le chemin de ceux qui ont eu la chance d'être déclarés à leur naissance.

Posséder un titre d'identité et de nationalité est pourtant un droit essentiel garanti par la Convention de 1989 sur les droits de l'enfant. Texte ratifié par 191 pays à l'exception notable de la Somalie et des U.S.A... Tous les pays signataires sont tenus juridiquement de déclarer les enfants. Or des dizaines de pays ne sont pas en règle.

Sans ce droit à la citoyenneté, un enfant est « invisible » aux yeux de l'Etat. Il ne peut recevoir de soins dans une trentaine de pays, ou être vacciné dans une vingtaine d'autres. Ses chances d'intégrer le système scolaire sont également réduites : dans la plupart des pays, un certificat est nécessaire à l inscription dans une école. Pour un garçon, il peut s'agir de prouver qu'il n'a pas l'âge requis pour faire son service militaire ou pour une fille qu'elle est trop jeune pour travailler.

Certains pays ne disposent même pas de système d'enregistrement obligatoire des naissances, notamment l'Afghanistan, le Cambodge, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Namibie et le sultanat d'Oman. Pour les autres il présente des failles.

Les pays pauvres et ruraux sont ceux où l'on trouve les taux d'enregistrement des naissances les plus faibles : moins de 10 % en Sierra Leone, environ 30 % au Zimbabwe et 50 % en Bolivie.

Toutefois la pauvreté n'explique pas tout. 8 pays en proie à des difficultés économiques (Arménie, Azerbaïdjan, Chine, Honduras, Kirghizstan, Mongolie, Sri Lanka et Tadjikistan) affichent ainsi un taux de 90 %.

Le rapport UNICEF relève avec satisfaction l'accroissement du nombre des enfants vaccinés, mais regrette le manque d'engagement des pays en voie de développement en faveur d'une campagne d'immunisation visant 8 millions d'enfants supplémentaires chaque année. Le fait que beaucoup des enfants concernés sont « ceux des pauvres que l'on n'entend pas et ne voit pas », pourrait expliquer ce manque de volonté.

LES FRANÇAIS : QUI SOMMES -NOUS ?

C'est la seule richesse que nous possédons tous, un petit morceau d'histoire porté chaque jour et qui ne tient qu'en quelques lettres : notre nom. Sans vouloir faire de la recherche approfondie qui nous mènerait à une quête sans fin, j'espère vous offrir un éclairage sur nos Origines.

Un français sur 4 a un parent ou un grand parent d'origine étrangère. Terre d'immigration et d'accueil, notre pays est aujourd'hui habité par l'une des populations les plus métissées au monde. Des peuples de la préhistoire, originaires d'Afrique, aux artisans et aux ouvriers de l'époque moderne venus de toute l'Europe, il n'a cessé de s'enrichir.

Peuples de la préhistoire : les hominidés, venus d'Afrique par le Proche Orient, arrivent en Europe il y a au moins 1 million d'années. Dérivant de cette population, Neandertal est le premier « Français ». Il est supplanté par Cro-Magnon - l'homme moderne - originaire lui aussi d'Afrique. Au néolithique, avec l'apparition de l'agriculture, originaire du Proche Orient, la population explose : de 10 000 individus, elle dépasse le cap du million aux alentours de 2700 avant J.C.

Vingt siècles d'invasions : au VIIème siècle avant J.C., les Celtes venus de l'Est, berceau de la culture indo-européenne, viennent enrichir les peuplements primitifs. Ces artisans habiles, guerriers confirmés, constituent la première vague de vingt siècles d'invasions, incursions et autres conquêtes. Ils sont entre 6 et 10 millions, quand, au IIème siècle avant J.C., les Romains commencent à les soumettre. Avec la pax romana, les poussées démographiques se succèdent : 7 millions d'habitants en 50 avant J.C., 10 millions au IIème siècle après J.C. A cette époque, l'Empire enregistre les premières incursions germaniques. Certains, parmi ces envahisseurs, s'enracinent : Alamans et Vandales en Alsace, Wisigoths en Aquitaine, Burgondes en Bourgogne. Dernière vague germanique, les Francs arrivent vers 481 et installent le centre politique de la première monarchie française en Ile-de-France. A peu près à la même époque, les Celtes, chassés de Grande Bretagne par les Angles et les Saxons, gagnent l'Armorique qui deviendra la Bretagne.

Au VIIIème siècle, surgissent de nouveaux conquérants, les Arabes, essentiellement des Berbères. Chassés vers 759, ils reviennent sous le nom de Sarrasins vers 890, tandis que les Vikings entrent en scène dans le nord-ouest du pays. La Normandie leur est concédée en 911 et de nombreux Scandinaves y font souches. Au cours du Xème siècle, la population passe le cap des 10 millions.

La France des artisans : après 400 ans d'accalmies précaires, l'Europe entre, au milieu du XVème siècle, dans une nouvelle période de troubles. Guerre de Cent Ans, Peste noire : la population tombe de 18 à 12 millions. Ce creux démographique aspire vers la France toute une population d'artisans écossais et italiens, de commerçants espagnols, d'armateurs néerlandais et castillans, sans oublier des paysans de toutes nationalités. Au XVIIème siècle, les Français sont près, 20 millions. Vont s'y ajouter, au rythme des intolérances successives, catholiques persécutés d'Angleterre, juifs marranes fuyant l'Espagne.

Les Irlandais : A la fin du XVIIème siècle, l'Europe connaît un véritable chassé-croisé des victimes de persécutions religieuses. 2 à 300 000 huguenots quittent le royaume de France, suite à la révocation de l'Edit de Nantes en 1685. Peu de temps après, c'est au tour de l'Angleterre, dans la foulée du traité de Limerick en 1691, de jeter sur les chemins de l'exil les catholiques partisans du roi Jacques Il Stuart, ceux qu'on appelle les jacobites.

Direction : la France et ses ports : Nantes, Bordeaux, La Rochelle, Brest, où .débarquent 50000 Irlandais et quelques milliers d'Anglais et d'Ecossais qui se font doucement à leur nouvelle vie, apprennent sous la férule le métier de négociant et reprennent la route, certains pour la Martinique par exemple. Intégration étonnante que celle des jacobites irlandais : anciens aristocrates pour la plupart, ils se retrouvent tout naturellement à diverses fonctions prestigieuses : administrateurs coloniaux, explorateurs - certains participeront à l'expédition La Pérouse exploitants miniers ou manufacturiers. Ils s'impliquent autant dans le développement économique du royaume de France que dans les faits d'arme : 25 000 jacobites intègrent l'armée, formant de qu'on appellera communément la brigade irlandaise.

La volonté de naturalisation est forte ; elle est obligatoire pour qui veut travailler en paix. Compte-tenu du soutien que Louis XIV témoigne aux jacobites, les lettres de naturalisation sont obtenues sans difficulté. Le brassage avec la population française est beaucoup plus lent : pendant plus d'un siècle les hommes épousent des Irlandaises, alors que les femmes épousent majoritairement des Français. Alliance calculée ou réelle ouverture d'esprit des Irlandaises ? le débat reste ouvert. Une chose est sûre : les jacobites laissent leur empreinte dans le paysage français, notamment dans le Bordelais où un certain nombre de châteaux portent des noms à consonance irlandaise : Mac Carthy, Dillon mais aussi Clarke, devenu aujourd'hui propriété du baron Edmond de Rothschild.

Les juifs d'Europe au XVIIIème siècle : histoire complexe que la leur, faite de départs précipités et d'arrivées incertaines, d'espoir et de déception. Prenons l'exemple de Moïse Bolona di Suza. Sans doute d'origine italienne, il habite Lisbonne quand le tremblement de terre de 1755, celui dont parle Voltaire dans Candide, ravage la ville et bouleverse sa triste destinée de marrane. Ce terme insultant qui signifie « cochon » en vieil espagnol, qualifie les juifs convertis de force au christianisme durant les premiers siècles de l'Inquisition en Espagne et au Portugal. Le Saint Office et la populace les soupçonnaient de pratiquer la foi de leurs ancêtres dans le secret des caves. Epargné par le séisme, Moïse s'est dit que Dieu venait de lui envoyer un signe, qu'il était temps de partir ce qu'il fait sans plus attendre en prenant le chemin des Pays Bas.

A la génération suivante, son fils Philippe né en 1763 quitte à son tour la Hollande et part vers le sud, traverse la France, francise son nom en Boulogne et atteint l'Aquitaine. Il y existe comme à Bordeaux et à Bayonne une petite communauté de marranes, tolérés depuis 1550 (les juifs avaient été expulsés de France au XIIème siècle) par la grâce de patentes royales que leur a accordées Henri H. Par -ces lettres, ce souverain pragmatique a autorisé les juifs à s'établir en France, au même titre que les étrangers chrétiens.

A l'arrivée de Philippe, la situation de la communauté du sud-ouest de la France s'est encore améliorée. Louis XV a révisé les patentes en 1723 et reconnaît les juifs en tant que tels sans toutefois les autoriser à pratiquer leur religion. Difficile de suivre cette branche peut-être d'origine flamande car imprécise. Avant la Révolution française et l'émancipation de tous les juifs de France en 1791, ceux-ci n'étaient pas inscrits dans le registre paroissial, il est difficile de retrouver leur trace.

Au XIXème siècle la famille fait un crochet par New York et regagne la France en 1875 et s'y établit définitivement ; deux générations s'y succèdent en paix, tandis que la troisième a rendez-vous avec l'Histoire. Le dernier descendant, Jean, a à peine 1 an lorsque ses parents se réfugient dans un petit village près de Lyon. Le maire était diabétique tandis que la mère de Jean, médecin, prenait soin de lui. Il a offert à tous une carte d'identité dépourvue du J infamant. La famille échappe à plus d'une rafle et Jean est mis a l'abri pour quelques mois dans un couvent catholique.

CE OUE RACONTENT NOS PATRONYMES

Depuis 1891 quelques 200 000 patronymes ont disparu en France. Mais 520 000 nouveaux sont apparus sur les registres de l'Institut National des Statistiques et Etudes Economiques (INSEE). Ce fichier qui compile toutes les naissances sur le territoire national est une mine d'informations : des milliards de données, 1,3 million de patronymes enregistrés, un siècle d'histoire des noms de famille. Une histoire parcellaire tout de même : les personnes nées avant 1946 - date de création de l'INSEE - et mortes avant 1970-1972 - date de l'informatisation du fichier - ne figurent pas sur les bases de données. Ce qui occulte notamment les quelque 1,3 million de morts de la Première Guerre mondiale et les 535 000 de la Seconde.

L' analyse de ce fichier fait néanmoins ressortir de grandes tendances sur la vie et la mort des patronymes en France. Ainsi la moitié (54 %) des noms de famille entre 1916 et 1990 - soit 1,19 million - ont leur foyer d'origine dans un seul département, 20 % dans deux ou trois. Ainsi aucun autre département que les Pyrénées-Atlantiques n'a vu naître des Moustirats, même chose pour le Morbihan et les Le Pouezard. L'étroitesse des foyers s'explique en partie par un facteur typiquement français : l'excessive richesse de nos patronymes, (probablement la plus grande au monde) suggère-t-on à l'Institut National des Etudes Démographiques (INED).

Contrecoup de cette prolifération : un nom de famille sur deux est aujourd'hui porté par moins de 10 personnes, huit sur dix par moins de 50 personnes. C'est parmi ces patronymes que se trouvent les futurs « disparus » : d'après une étude statistique de l'INED, portant sur 3 000 familles, un siècle suffira pour que le tiers d'entre eux s'éteignent.

Cette fragilité s'est d'ores et déjà fait ressentir lors de la Première Guerre mondiale, période qui a vu s'accélérer la disparition des noms de famille. Différentes régions ont payé un tribut particulièrement lourd au cours de ces événements : l'Ile de France - rien de plus normal elle est la plus peuplée du pays - l'Aquitaine, la Lorraine, les départements d'Outre Mer et l'Alsace. Toute une série de patronymes se sont ainsi éteints : Hopperdietzel et Krusch en Alsace, Usquimau Mougaburu en Aquitaine, Sansnom et Fragilus dans les Dom.

Des 530 366 patronymes répertoriés entre 1891 et 1915, près de la moitié ont disparu autours des 75 années suivantes. Guerres mondiales et grippe espagnole expliquent ces extinctions. Sur la même durée, quelques 520 000 noms font leur apparition, au gré des différents courants d'immigration.

Dur la période suivante (1916-1940) disparaissent les Arnichaut et Desckouis dans le Centre, les Bailler et Dewaeghe dans le Nord Pas de Calais

Le résultat est pour le moins tranché : un peu plus de la moitié des patronymes qui existaient avant 1916 existent encore aujourd'hui, soi 289 000.

L'actuelle richesse patronymique de notre pays nous vient en fait directement de l'étranger : sur les 814 081 noms répertoriés entre 1966 et 1990, les deux tiers sont d'origine « exotique ». Mais ces nouveaux patronymes ne sont portés que par 4,3 millions de personnes, à peine 7 % de la population actuelle.

En fait, des immigrations du XXème siècle, le fichier INSEE ne retient que les grands courants : Polonais au début du siècle, Espagnols dans les années trente, ou encore Portugais et Algériens dans les années 1955 -1965. L exemple le plus flagrant vient de l'immigration portugaise : les naissances de Garcia, Martinez et Da Silva sont parmi les vingt plus fortes de la période 1965 et 1990. Il va falloir compter par la suite avec l'immigration arrivée de l'Est (Chinois, Indochinois, etc...)

Les patronymes sont de très bons marqueurs des migrations de populations. Ils révèlent des frontières religieuses ou ethnologiques comme celle entre le Béarn et le Pays Basque, montrent les flux migratoires entre régions. Le fichier montre notamment que les natifs de Haute-Savoie, des Alpes de Haute Provence et de la Drôme sont ceux qui bougent le moins. Les originaires de Corse et de l'Aisne, ceux qui quittent le plus leur région d'origine.

Difficile de rentrer plus dans les détails à partir de ce fichier INSEE. En effet, aux personnes non inscrites pour les raisons expliquées au début, il s'ajoute les fautes d'orthographe. Ces erreurs viennent aussi bien des services municipaux qui enregistrent les naissances, que de l'INSEE qui retranscrit ce que lui envoient régulièrement les 36 000 mairies de France. Cette deuxième source d'erreur devrait prochainement disparaître : en 1999, ce ne sont plus des informations sur papier mais des fichiers numériques que l'INSEE recevra des mairies. Et cela tous les jours pour les naissances, toutes les semaines pour les décès et les naturalisations. Une nécessité commandée par l'arrivée de la carte de santé « vitale ».

La santé est en effet un autre secteur intéressé par le fichier INSEE. Son exploitation offre aux biologistes un champ d'investigation extraordinaire, notamment sur le mode de transmission des maladies génétiques. Les chercheurs se penchent par exemple sur les mariages entre personnes portant le même nom. En suivant les naissances issues de ces unions consanguines, ils étudient la proportion des cancers.

LE TRAVAIL DE BéNéDICTIN DES MORMONS

C'est une histoire tellement incroyable, une entreprise si démesurée que certains ne veulent pas y croire : les mormons, c'est-à-dire les adeptes de l'Eglise de Jésus Christ des saints des derniers jours, fondée en 1830, veulent baptiser à titre posthume, tous leurs ancêtres qui n'ont pas reçu la parole de leur prophète Joseph Smith, à condition que dans l'au-delà, les défunts acceptent ce sacrement. Pour retrouver l'ensemble des êtres humains ayant vécu sur la planète, ils ont donc entrepris de microfilmer la totalité des états civils mondiaux aussi loin qu'ils puissent remonter.

En France, un accord fut passé dès 1950, tandis que près de leur capitale, Salt Lake City dans l'Utah, les mormons commençaient à construire un formidable entrepôt souterrain, six tunnels destinés à conserver la mémoire de l'humanité. En 1980, la France envoya une mission de la Commission Informatique et Libertés à Salt Lake City qui conclut à la poursuite du programme: aujourd'hui, les archives de 42 départements ont été entièrement microfilmées, 14 le sont partiellement et 23 sont en cours. Tous ces documents sont consultables gratuitement à la bibliothèque de Salt Lake City, et pour ceux qui désirent, il est possible d'obtenir des copies des microfilms qui peuvent être envoyés sur demande.

Pour les généalogistes français, l'arrivée des mormons fut une grande surprise : ils sont venus à deux en Moselle, des jeunes gens, parlant parfaitement le français et connaissant sur le bout des doigts l'histoire de notre pays. Ils sont restés un an et demi et ont tout microfilmé. Bénéfice pour l'état français : ils ont laissé deux copies à l'Etat. Autant dire que celui-ci n'aurait jamais engagé les moyens nécessaires pour mener une telle opération.


Marie-Jeanne GALLAS GUILBERT




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