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HISTOIRE DE LA POLOGNE
Résumé de la Conférence d'Agata JUDICKI
Le 14/12/2009

embleme

966 - naissance de l'Etat

       Au début du 10e siècle, les frontières du Saint Empire romain atteignent la rivière Odra. C'est ici que les colonies orientales de l'Empire se heurtent à un obstacle très bien organisé, l'état de Pologne, qui, depuis 200 ans et à l'insu de l'Europe chrétienne, a développé sa propre culture slave.

Pendant plusieurs générations, les Polonais, sous la direction de la dynastie des Piast (chef mythique de la tribu slave des Polanes), bloquent les armées de l'Empire. Le duc de Pologne, Mieszko, premier souverain historique, se fait baptiser en 966 par les évêques tchèques se plaçant ainsi sous la protection du Saint Siège. Cette date de 966 marque pour les Polonais le début de la dynastie de Piast (qui se prolongera durant 400 ans jusqu'à 1370) et de la Pologne dont le nom apparaît pour la première fois fans dans les archives et qui va demeurer depuis lors fidèle à Rome. Mieszko parvient à unifier sous son autorité les territoires qui s'étendent de la Baltique à Cracovie et à la Silésie. Son fils, Boleslaw le Vaillant, fortifie et agrandit le pays, faisant reconnaître par l'empereur Otton III la souveraineté de la Pologne : il est couronné en 1025 par le pape, Premier roi de la Terra Poloniae-Regnum Poloniae.

1025

La Pologne en 1025

Après la mort de Boleslaw le Vaillant, la Pologne vit une période de chaos. Comme toutes les sociétés de type féodal, la puissante monarchie se désintègre en une série de petits duchés confiés aux descendants de Boleslaw. C'est l'Eglise, toujours puissante, qui maintient l'idée de l'unité : durant cette période, Cracovie prend de plus en plus d'importance.

En 1241,Henri II Le Pieux, duc de Cracovie, de Silésie et de Grande Pologne meurt, avec presque tous ses chevaliers, lors de la bataille de Legnica contre les Mongols (Tatars ou Tartares) qui, après avoir détruit Kiev et la Russie, envahissent l'Europe. La Pologne est presque entièrement dévastée, mais la bataille de Legnica a tellement affaibli les Tatars qu'ils n'ont pas poursuivi leur incursion vers l'ouest.

Cette période est aussi le témoin d'un des événements les plus fatidiques de l'histoire de la Pologne. En 1226, un prince régional, Conrad de Mazovie, invite en Pologne l'ordre des chevaliers croisés Teutoniques germaniques. II leur donne une petite région au nord-est en échange d'une protection contre les incursions des païens prussiens. En 1288, les chevaliers Teutoniques ont entièrement vaincu les Prussiens et s'installent dans la région, faisant peser une menace permanente sur la Pologne entière.

En dépit des efforts de souverains successifs, les domaines des Piast ne peuvent être réunis. Avec l'appui du clergé , Venceslas de Bohême (1300-1305) s'empara même du trône de Pologne. Mais Ladislas 1er le Bref (Lokietek), malgré de nombreuses défaites et avec l'appui des Hongrois, rétablit la dynastie des Piast et l'unité de l'Etat et fait de Cracovie sa nouvelle capitale. Il est couronné roi du royaume uni en 1320, avec le consentement du pape. Avec son avènement commence une nouvelle période de faste dans l'histoire polonaise..

1350

Pologne de Casimir- 1350

1320-1370 : les beaux jours de Cracovie

       Le fils de Ladislas I , Casimir III, est le seul roi polonais à mériter et à recevoir le titre de "Grand". Il poursuit l'œuvre de son père et mena la Pologne à son apogée. Roi du peuple et des paysans, il encourage aussi le commerce et accueille les juifs en Pologne alors qu'ils étaient persécutés presque partout ailleurs en Europe. Le quartier juif de Cracovie est alors fondé et appelé Casimir en l'honneur du roi. Il fonde également la première université de Pologne. Malheureusement pour la Pologne, il meurt sans héritier légitime et sa mort marque la fin de la dynastie des Piast.
      A sa mort, la noblesse polonaise se met d'accord pour couronner son neveu, Louis d'Anjou, déjà roi de Hongrie, qui réunit les deux couronnes catholiques en une alliance personnelle, mais qui sera renouvelée par la suite. En échange il accorde une série de privilèges qui donnent un pouvoir politique à la noblesse, contrairement à ce qui se passait alors en Occident, où le pouvoir des nobles se réduisait peu à peu.
      Louis meurt en 1382, ne laissant que deux héritières, une nouvelle crise éclate. Finalement, en 1385, on proclame la plus jeune fille Hedwige, alors âgée de 11 ans, reine de Pologne.

1320-1370 : les Jagellons

La reine Hedwige est alors proposée en mariage à Ladislas Jagellon, prince lituanien, pour cimenter une alliance avec ce puissant voisin à l'est de la Pologne. Pour obtenir la main d'Hedwige, Jagellon, encore païen, accepte le christianisme, la coordination des opérations contre les chevaliers Teutoniques et enfin l'association de la Lituanie (comprenant alors presque toute l'Ukraine et la Biélorussie contemporaines) au royaume de Pologne, de façon permanente.

Ladislas Jagellon est donc couronné roi de Pologne en février 1386. Hedwige pour sa part, meurt en 1399, à l'âge de 24 ans. Peu de temps après sa mort, elle est canonisée et l'université rebaptisée Université de Jagellon en son honneur (durant son règne, elle avait donné tous ses joyaux et ses possessions princières pour la subvention de l'université ).

En 1410, la Bataille de Grunwald, l'une des plus grandes de l'histoire du Moyen Age, affaiblit de façon permanente l'ordre Teutonique, mais ceux-ci ne furent définitivement vaincus que 56 ans plus tard, lorsque le grand maître se reconnut vassal du roi de Pologne.

En 1470, Ladislas Jagellon, fils Aîné de Casimir IV, est élu roi de Bohême, et en 1490 roi de Hongrie. Ainsi, les Jagellon tiennent à la fois la Pologne, la Lituanie, la Bohême et la Hongrie.. Face à cette nouvelle grande puissance, les Habsbourg se rapprochent de la Russie : ce rapprochement germano-russe prend la Pologne en tenaille, et rend difficile la tâche des souverains ultérieurs, d'autant que le régime intérieur, politique et social, se modifie profondément avec l'influence prépondérante de la petite noblesse et des assemblées locales, qui obtiennent le droit d'accepter ou de refuser les nouvelles lois.

En 1493, une diète nationale se réunie à Piotrkow : la Pologne devient une " république nobiliaire ". Le règne de Casimir IV marque cependant l'un des sommets de l'économie polonaise, et le règne des deux derniers Jagellons porte le nom de Siècle d'or polonais (pays riche et fort, développement des écoles, de la culture, important commerce avec l'Europe occidentale, développement florissant des villes, beaucoup de constructions - palais, églises, maisons bourgeoises, beaucoup d'artistes, d'écrivains et début de la littérature en langue polonaise ).

Nicolas Copernic (1473-1543) fut probablement le plus grand scientifique polonais de l'histoire, et un homme qui, pour toujours, changea notre vision du monde et sa relation avec l'univers.

1569

Pologne en 1569

En 1569, l'union de Lublin réunit en un seul état le royaume de Pologne et le Grand-duché de Lituanie (un roi, une diète, une monnaie) créant le plus vaste état dans l'Histoire de l'Europe avant l'avènement de l'Union européenne au XXe siècle, allant de la Baltique à la Mer Noire et jusqu'aux portes de Moscou.
      La Pologne est alors un pays multiethnique, multiculturel et, multireligieux. Pays sans bûchers, terre d'asile des hérétiques européens, lieu d'accueil des juifs chassés partout en Europe

A partir de 1573, la Diète décide d'élire à chaque succession le roi de Pologne : le premier roi élu est Henri de Valois, futur Henri III roi de France. Une délégation de plus de 200 gentilshommes polonais vient le chercher et lui demande de signer des accords selon lesquels il renonce à la poursuite des protestants en Pologne. Mais en 1574, quelques mois seulement après son ascension au trône, Henri retourna secrètement en France pour porter la couronne française à la suite de la mort subite de son frère.

Après son départ, ce fut la crise monarchique. Un nombre incroyable de candidats se disputèrent la couronne polonaise et seule l'influence d'une branche patriotique fit en sorte que le grand roi guerrier Stefan Batory soit élu.
      En 1596, la capitale polonaise est transférée de Cracovie à Varsovie.

Commence ensuite en 1655 une longue période de guerres contre la Russie, la Suède, l'Empire ottoman et les Cosaques de Dniepr. Guerre de 5 ans avec la Suède, appelée « le déluge suédois ». Les Suédois pillent la Pologne, emportent les bibliothèques, les oeuvres d'art. Ils ruinent la Pologne. Tournant de la guerre, la défense du monastère à Czestochowa, pousse enfin la noblesse à lancer une guérilla contre les occupants suédois et à les repousser enfin. Notre Dame de Czestochowa fut couronnée Reine et Patronne de Pologne.

Jan Sobieski, aussi fin lettré que vigoureux sabreur, marque de belles victoires contre les Turcs et les Tatars . Il est roi de Pologne sous le nom de Jean III Sobieski. Il cède un temps aux sollicitations de la France, mais ne recevant pas d'elle l'appui qu'il escomptait contre le sultan, conclut une alliance avec l'Autriche, qui retrouve ainsi son ancienne influence. En 1683, à la tête d'une armée de 30 000 hommes, il va porter secours à Vienne assiégée par les Turcs . La charge des hussards - cavalerie lourde polonaise écrase les lignes turques et met fin une fois pour toutes, à la menace sur l'Europe centrale qui durait depuis des siècles.

Durant la période qui suit la mort de Sobieski, le pays se désintègre littéralement, en raison principalement de la règle du « liberum veto » qui permet qu'un seul vote négatif suffise pour repousser une loi.. Un certain nombre de despotes des pays voisins (Pierre le Grand et la Grande Catherine de Russie, ainsi que Frédéric le Grand de Prusse) menacent les frontières de la Pologne, envoyant des armées qui traversent dans tous les sens un territoire sans protection et le ravagent. La seule étoile au tableau est le bref contrôle de Stanislas Leszczynski, chef bienveillant qui essaya d'initier des réformes. Avec la défaite de Charles XII de Suède, Leszczynski fut exilé en Lorraine. Pendant son exil, il tenta d'augmenter la présence de Pologne dans le cœur du peuple. Néanmoins, la Pologne replonge dans les ténèbres. Au début des années 1700, elle tombe sous l'influence de la Russie tsariste, sans y être annexée directement.

1772

Le partage de 1772

En 1772, la coalition de la Russie , de la Prusse et de l'Autriche entraîne le premier partage de la Pologne : Frédéric de Prusse prend la Poméranie et la Prusse royale, moins Torun et Danzig ; l'Autriche annexe la Galicie et une partie de la Podolie, la Russie se contente d'une partie de la Lituanie et de la Ruthénie Blanche, mais se réserve le protectorat sur le territoire de la République. Un deuxième partage accentue la division du pays.

En 1791 la Diète, très influencée par les événements de France, vote la constitution du 3 mai, deuxième plus ancienne constitution d'Europe, qui garantit l'égalité politique totale aux habitants des villes et place les paysans sous la protection de l'état. Elle tente aussi de créer un système de législation moderne en Pologne qui abolirait le liberum veto - procédé qui avait muni la noblesse de pouvoirs presque illimités. Le général Kosciuszko, célèbre pour sa participation à la Guerre d'Indépendance américaine appelle la nation à se soulever en mars 1794. A la fin d'avril, la Pologne est libérée mais le manque d'armes et de moyens, l'éloignement de la France accélérèrent la chute de l'insurrection. En 1795, le troisième partage suit ce soulèvement raté. On accorde à la Prusse un grand nombre de territoires, incluant Varsovie.

L'Empire autrichien reçoit la partie centrale-sud de la Pologne contiguë à la Galicie et incluant Cracovie; et les Russes se saisissent du reste à l'est du pays.
       Ainsi, l'état polonais, en tant qu'entité, disparaît de la carte de l'Europe, malgré le bref épisode d'un grand duché de Varsovie créé par Napoléon. Il faudra 123 ans, jusqu'en novembre 1918, pour que la Pologne retrouve son indépendance, avec la proclamation d'une République polonaise, qui dut cependant batailler, notamment contre l'Armée Rouge, pour conquérir ses frontières. Les russes avancèrent sur Varsovie jusqu'à portée de tir, mais avec une intervention militaire savamment orchestrée, Pilsudski les met en déroute en août 1920. Cette campagne, connue sous le nom de "miracle sur la Vistule", sauve la nouvelle nation, qui s'épanouit malgré les difficultés.
       En 1939, la Pologne possède une population grandissante, un secteur industriel en expansion et une vie académique et culturelle florissante. La suite de l'histoire, de 1939 à 1989 (date de la nouvelle indépendance), est du ressort de l'histoire contemporaine.

1772

BOG, HONOR, OJCZYZNA -
DIEU, HONNEUR, PATRIE -
devise militaire de la Pologne gravée sur les étendards





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