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LES AMIS DU MUSEE de BETHUNE
et de L'ESTRACELLES A BEUVRY




La culture de la wède, le pastel, au voisinage de Béthune

wede

Connu en France sous le nom de « guède » et de « wède » en Picardie, le pastel est une crucifère, « l'Isatis tinctoria », qui se contente de tous les terrains. Semée en février ou mars, elle atteint un mètre de hauteur et donne des fleurs jaunes. Ce sont les feuilles qui étaient cueillies à quatre ou cinq reprises, de juin à novembre, pour la confection de la teinture bleue.

Les feuilles récoltées, séchées incomplètement, étaient broyées dans un moulin à wède par le mouvement circulaire d'une meule verticale actionnée le plus souvent par un cheval.

La pâte obtenue était soumise à fermentation avec mouillage et pétrissage puis agglomérée, à la main surtout, en boules nommées coques, coccas en langue d'oc, qui ont donné naissance au terme « pays de cocagne » en Languedoc, en raison du gros rapport que procurait la fabrication de la teinture obtenue après diverses opérations de fermentation et de stockage alternées des coques ou tourteaux, finalement récupérées en tonneaux.

Les teinturiers, dits guéderons, préparaient alors la teinture.

cocagne moulin


Bernard Ghienne, dans le numéro 24 de la revue Gauhéria (1991), donne le détail de toutes les opérations, des semailles à la teinture. Il attribue le nom d'un lieu-dit de Souchez, le « Mont de Cocal », à la wède par similitude au mot Cocagne.

À la suite de recherches sur les différents villages de la région de Béthune, j'ai pu constater l'exploitation de la wède dès la fin du 13ème siècle et la fréquence des moulins.

Les premiers documents concernent la confiscation de la wède par les officiers royaux à la suite de l'interdiction du commerce avec la Flandre en 1297 : 40 barils pris à Vermelles, Mazingarbe, … sont confisqués.

Plusieurs localités des environs possèdent un ou plusieurs moulins à wède.

En 1395, le meunier de Beuvry est condamné à une amende pour avoir fait déborder ses lavoirs sur le chemin du seigneur.

Au 16ème et 17ème siècle, Mazingarbe compte trois moulins, deux sur le domaine de Marchiennes, seigneur du lieu, appartenant aux pauvres. Ceux-ci devaient entretenir les lavoirs et puits, livrer les seaux, cordes et claies. Les manants étaient tenus d'y faire moudre leur wède et la communauté devait payer 6 chapons de redevance au bailliage de Lens. Le troisième était situé sur la seigneurie du Sauchoy.

À Vermelles, il s'agissait d'un moulin à eau signalé dans le dessin des albums de Croÿ en 1610.

Possédaient également un moulin appartenant aux paŒs : Sailly-Labourse, Labourse (fin 16ème siècle), Cuinchy (1608), Haisnes-les-La Bassée (1431), Vaudricourt, Noeux, tous dans un petit secteur, ce qui suppose que le dépouillement de terriers et de dénombrements permettrait d'élargir fortement la zone d'implantation des moulins.

Dans le Nord de la France, Amiens paraît avoir été le grand centre commercial du pastel. Des wédiers ont offert un ensemble sculptural à la cathédrale, face sud, représentant Saint- Nicolas, leur patron, deux wédiers derrière leur cuve et les deux donateurs agenouillés.

amiens

La culture de la wède dépérit au 17ème siècle et ne dépasse guère le début du 18ème. L'indigo provenant des Indes prend la relève, non pour une qualité tinctoriale meilleure, mais en raison d'un prix meilleur marché.

Albert BOURGEOIS





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