Antoine Busnois

Antoine Busnois (1432-1492)

Portrait d'Antoine Busnois
Portrait d’Antoine Busnois

Antoine Busnois (ou Anthoine De Busne) est un compositeur et poète français à la cour de Bourgogne, né vers 1433 à Béthune, mort avant le 6 novembre 1492 à Bruges. Il est la principale figure de la fin de l’École bourguignonne.
Contemporain d’Ockeghem, il s’est principalement consacré à la chanson, puisque l’on a de lui plus de 70 chansons dont 9 motets, 4 magnificat, 2 messes basées sur le thème de « L’homme armé », et des pièces isolées de messe. Parmi ses chansons, on compte 29 rondeaux, des bergerettes (dont le trois voix domine).

Bien que les détails sur le début de sa vie soient hypothétiques, il est originaire de la région de Béthune, peut-être du village de Busnes, auquel son nom semble se référer. Il a peut-être un lien de parenté avec une famille aristocratique ; en particulier Philippe de Busnes, chanoine de Notre-Dame à Lens, aurait pu être un de ses parents. Il reçoit assurément une excellente éducation musicale, probablement dans un chœur d’église, quelque part dans le nord ou le centre de la France. Une origine aristocratique peut expliquer sa précoce association avec la cour royale française : dès les années 1450, il est fait référence à lui et, en 1461, il devient aumônier à Tours. Il n’est pas entièrement un homme de paix, puisqu’il signe une pétition pour l’absolution à Tours, datant du 28 février 1461, dans laquelle
il admet avoir pris part aux activités d’un groupe qui a frappé un prêtre,
« jusqu’au sang », non pas une mais cinq fois. Il est également assez téméraire pour célébrer en messe l’anathème, acte qui lui apporte l’excommunication. Cependant le pape Pie II l’absout.

Il déménage de la cathédrale à l’église collégiale Saint-Martin de Tours, où il devient sous-diacre en 1465. Johannes Ockeghem est alors le trésorier de cette institution, et les deux compositeurs semblent s’être bien connus.
Plus tard, en 1465, Busnois voyage jusqu’à Poitiers, où il devient maître des jeunes choristes, et réussit également à attirer de nombreux et talentueux chanteurs de la région entière. A cette époque, sa réputation de professeur de chant, d’érudit, et de compositeur s’élargit. Cependant, son départ est aussi soudain que son arrivée, en 1466. Il n’en donne aucune raison et déménage ensuite en Bourgogne.

Partition de Antoine Busnois
Manuscrit de Missa O Crux Lignum , une messe par Busnois, milieu du 15eme Siècle.

En 1467 Busnois, au service de la cour de Bourgogne, commence à composer pour elle, juste avant l’accession de Charles le Téméraire au rang de duc.
En Portrait Charles le Témérairedépit de son amour de la guerre, Charles adore la musique, et il apprécie et récompense Busnois. Aussi, en 1467, il enrôle Busnois ainsi que Hayne van Ghizeghem et Adrien Basin comme chantres et valets de chambre. En plus de ses fonctions de chanteur et de compositeur, Busnois accompagne le duc dans ses campagnes militaires, avec Hayne van Ghizeghem. Busnois est en effet du siège de Neuss en Allemagne en 1475, et survit miraculeusement à la désastreuse bataille de Nancy en 1477, au cours de laquelle Charles le Téméraire est tué et où s’achève l’expansion de la Bourgogne.

charles le temeraire à Nancy
Bataille de Nancy

Busnois reste au service de la cour bourguignonne jusqu’en 1482, mais on ne connaît rien de ses employeurs entre cette date et 1492, année de sa mort. Quand il meurt, il travaille pour l’église Saint-Sauveur de Bruges.

A cette époque, il est un compositeur reconnu dont la réputation est immense. C’est un des musiciens les plus connus en Europe, sa musique est largement diffusée. Encore aujourd’hui ses œuvres sont interprétées par de nombreux artistes et ensembles dans le monde entier.

GramophoneÉcouter Antoine Busnois :

Le corps s’en va et le cuer : Ensemble Astéria

A vous sans aultre : Ensemble Alkemie

Fortuna desperata : Cantica

Amours nous traitte honnestement : Capella Sancti Michaelis


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