Antoine Busnois

Antoine Busnois (1432-1492)

Portrait d'Antoine Busnois
Portrait d’Antoine Busnois

Antoine Busnois (ou Anthoine De Busne) est un compositeur et poète français à la cour de Bourgogne, né vers 1433 à Béthune, mort avant le 6 novembre 1492 à Bruges. Il est la principale figure de la fin de l’École bourguignonne.
Contemporain d’Ockeghem, il s’est principalement consacré à la chanson, puisque l’on a de lui plus de 70 chansons dont 9 motets, 4 magnificat, 2 messes basées sur le thème de « L’homme armé », et des pièces isolées de messe. Parmi ses chansons, on compte 29 rondeaux, des bergerettes (dont le trois voix domine).

Bien que les détails sur le début de sa vie soient hypothétiques, il est originaire de la région de Béthune, peut-être du village de Busnes, auquel son nom semble se référer. Il a peut-être un lien de parenté avec une famille aristocratique ; en particulier Philippe de Busnes, chanoine de Notre-Dame à Lens, aurait pu être un de ses parents. Il reçoit assurément une excellente éducation musicale, probablement dans un chœur d’église, quelque part dans le nord ou le centre de la France. Une origine aristocratique peut expliquer sa précoce association avec la cour royale française : dès les années 1450, il est fait référence à lui et, en 1461, il devient aumônier à Tours. Il n’est pas entièrement un homme de paix, puisqu’il signe une pétition pour l’absolution à Tours, datant du 28 février 1461, dans laquelle
il admet avoir pris part aux activités d’un groupe qui a frappé un prêtre,
« jusqu’au sang », non pas une mais cinq fois. Il est également assez téméraire pour célébrer en messe l’anathème, acte qui lui apporte l’excommunication. Cependant le pape Pie II l’absout.

Il déménage de la cathédrale à l’église collégiale Saint-Martin de Tours, où il devient sous-diacre en 1465. Johannes Ockeghem est alors le trésorier de cette institution, et les deux compositeurs semblent s’être bien connus.
Plus tard, en 1465, Busnois voyage jusqu’à Poitiers, où il devient maître des jeunes choristes, et réussit également à attirer de nombreux et talentueux chanteurs de la région entière. A cette époque, sa réputation de professeur de chant, d’érudit, et de compositeur s’élargit. Cependant, son départ est aussi soudain que son arrivée, en 1466. Il n’en donne aucune raison et déménage ensuite en Bourgogne.

Partition de Antoine Busnois
Manuscrit de Missa O Crux Lignum , une messe par Busnois, milieu du 15eme Siècle.

En 1467 Busnois, au service de la cour de Bourgogne, commence à composer pour elle, juste avant l’accession de Charles le Téméraire au rang de duc.
En Portrait Charles le Témérairedépit de son amour de la guerre, Charles adore la musique, et il apprécie et récompense Busnois. Aussi, en 1467, il enrôle Busnois ainsi que Hayne van Ghizeghem et Adrien Basin comme chantres et valets de chambre. En plus de ses fonctions de chanteur et de compositeur, Busnois accompagne le duc dans ses campagnes militaires, avec Hayne van Ghizeghem. Busnois est en effet du siège de Neuss en Allemagne en 1475, et survit miraculeusement à la désastreuse bataille de Nancy en 1477, au cours de laquelle Charles le Téméraire est tué et où s’achève l’expansion de la Bourgogne.

charles le temeraire à Nancy
Bataille de Nancy

Busnois reste au service de la cour bourguignonne jusqu’en 1482, mais on ne connaît rien de ses employeurs entre cette date et 1492, année de sa mort. Quand il meurt, il travaille pour l’église Saint-Sauveur de Bruges.

A cette époque, il est un compositeur reconnu dont la réputation est immense. C’est un des musiciens les plus connus en Europe, sa musique est largement diffusée. Encore aujourd’hui ses œuvres sont interprétées par de nombreux artistes et ensembles dans le monde entier.

GramophoneÉcouter Antoine Busnois :

Le corps s’en va et le cuer : Ensemble Astéria

A vous sans aultre : Ensemble Alkemie

Fortuna desperata : Cantica

Amours nous traitte honnestement : Capella Sancti Michaelis


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Léon Guthmann

Léon Guthmann (1885-1975)

Photo de GuthmannLéon Guthmann est né en 1885 à Limoges
Son grand père, originaire de Fessenheim, vient s’établir à Limoges dans les années 1840 et appartient par la suite à la gendarmerie impériale. Son père alors sous-ingénieur des Ponts et Chaussées sera ensuite muté à Périgueux avec le grade d’Ingénieur.
Léon fréquente le lycée de Périgueux où il obtient le baccalauréat section philosophie.

Un architecte de la ville lui recommande de suivre des cours d’architecture. Il entre à l’École des Beaux-arts à Paris où il fréquente l’Atelier de Victor Laloux, membre de l’Institut (architecte notamment du palais et de la Gare d’Orsay ainsi que de la Mairie de Roubaix). Il en sort en 1910 architecte « Diplômé par le Gouvernement» (DPLG).
Il y rencontre et se lie d’amitié avec Robert Largesse, fils d’un entrepreneur marbrier du Havre, qui suit la section sculpture dans la même école.
Il collabore au Cabinet d’architecture Dubois d’Auberville et participe à l’édification de l’Hôtel Lutétia à Paris. Il crée notamment le motif des guirlandes de roses qui ornent la façade de cet Hôtel et qu’il fera reproduire par son ami Largesse sur la façade de la maison qu’il fera réaliser à Béthune, rue Gambetta.
Léon Guthmann réussit un concours qui fera de lui l’architecte de la Préfecture de Police de Paris, fonction qu’il exercera jusqu’à la guerre 1914.

Il est alors affecté au 250éme Régiment d’Infanterie de Périgueux. Sous-lieutenant il sera blessé près de Bapaume à Moulin-sous-Touvent en septembre 1914.
Blessé à nouveau en 1915, il est «réformé partiel» et nommé instructeur de la classe 1916. C’est à Sens dans le Génie qu’il reçoit le grade de lieutenant.
La Paix revenue, il envisage de revenir à Périgueux. Mais il lui est conseillé de rejoindre le Nord qui est à reconstruire et notamment Béthune. A cette époque des sociétés coopératives de reconstruction sont créées. La plupart des architectes s’associent pour travailler pour ces sociétés.

Voilà Léon Guthmann qui s’installe au« château du Perroy » avec plusieurs confrères pour fonder le cabinet de Messieurs Alleman – Bocsanyi – Capelle – Gillon -Guthmann – Raynaud, architectes DPLG, agrées des communes.

reçu
Reçu à entête du cabinet

En 1921 un cabinet Alleman – Gillon – Guthmann est ouvert 13 Place Marmottan à Béthune. Dans cet immeuble de nombreux collaborateurs, dessinateurs travaillent autour des projets préparés par les architectes. Chaque architecte y développe le talent qui le caractérise.

photo de la maison de l’architecte Léon Guthmann
Maison de l’architecte Léon Guthmann rue Gambetta

Léon Guthmann vers 1922 achète un terrain rue Gambetta et y construit sa maison qu’habitera ensuite le Docteur Georges Fruchart à partir de 1939.
L’examen des immeubles construits sur Béthune par Léon Guthmann démontre la variété des styles qu’il a su développer. Hors de Béthune, il reconstruit les églises de Hinges, St Venant, St Floris.
Ce sera un habitant bien intégré à Béthune. Il va aussi démontrer ses talents de peintre. Reconnu pour son sérieux, il sera très souvent désigné comme architecte expert par le Tribunal.
En 1937, il décide de rejoindre Périgueux où il va continuer à exercer ses talents d’architecte. Il sera notamment chargé par la ville de Périgueux de la construction d’un centre de vacances à Biarritz et pour cette réalisation il va demander à son ami architecte de Béthune Monsieur Evard de l’assister.
Il participe aussi après la deuxième guerre à la reconstruction du bourg de Rouffignac en Dordogne qui avait été incendié par les troupes allemandes.
C’est en 1975 que décède Léon Guthmann.

Les immeubles construits à Béthune :

Plusieurs immeubles ont été construits notamment dans le cadre de la reconstruction de Béthune par cet architecte.

Hôtel-du-vieux-Beffroi sur la grand-place
Hôtel du vieux Beffroi – Grand Place
Immeuble Mlle Fournier, rue d'arras
Immeuble Mlle Fournier, rue d’Arras
Immeuble Place Marmottan
Immeuble Place Marmottan
Rue des Treilles vers 1934- La Maison de Maître Jules Appouchaux
La Maison de Maître Jules Appouchaux, rue des Treilles vers 1934
Scuptures de R. Largesse
Les sculptures de son ami R. Largesse dans la rue Ludovic Boutleux

Reconstruction du collège St Vaast après l’incendie en 1936

Léon Guthmann et Mr Picquart entrepreneur avec ses ouvriers sur le toit du collège

Le clocher du collège St Vaast ayant subi de gros dégâts, Léon Guthmann a obtenu après de longues discussions, de le couvrir de plaques de cuivre qui lui donnent toujours cette couleur verte caractéristique.

L’expert auprès du tribunal

En raison de sa compétence en matière de construction, de son sérieux, de ses qualités morales, de son sens de la conciliation, il va être inscrit sur la liste des experts près de la Cour d’Appel de Douai et ainsi être très souvent choisi comme expert par les tribunaux jusqu’en 1937, date de son départ pour Périgueux.

L’artiste

Léon Guthmann est architecte mais aussi un artiste. Il apprécie la sculpture notamment celle de son ami Largesse, mais il passe surtout une partie de ses loisirs à peindre.
Il n’est pas le seul à Béthune à s’exercer à cet art, son confrère architecte René Evard, le marbrier Adolphe Clipet, Helion le décorateur et marchand de meubles établi sur la grand place, suivent avec d’autres des cours dispensés par un artiste de Lille Achille Capliez. Guthmann, Evard et  Helion  seront admis au salon des Artistes Français et participeront à de nombreuses expositions sur la région.

Reproductions de quelques tableaux peints par Léon Guthmann

Tableaux de Guthman

La vie sociale

Les relations de Léon Guthmann ne se limitaient pas aux seuls amateurs de peinture. Avec son épouse et ses deux enfants, la famille Guthmann s’est vite intégrée à Béthune notamment avec ses voisins de la rue Gambetta et les béthunois du monde de la construction des affaires et des arts.
Il se lia d’amitié avec le chanoine Campagne, supérieur de l’institution St Vaast, ancien combattant valeureux de la guerre 1914 1918. Dès 1930 il possède une caméra et filme la Confrérie des Charitables lors des funérailles de l’archiprêtre de Béthune le Chanoine Pruvost.
C’est là qu’il côtoyait notamment Jules Appourchaux Député du Pas de Calais et sa famille pour qui il construira la maison de la rue des Treilles et de nombreuses familles de Béthune en villégiature.


Ce modeste article se veut un hommage rendu à un architecte qui a participé à cette belle aventure de la reconstruction de notre ville et qui a marqué de son talent la qualité de notre environnement qui fait l’attrait de notre cité.

André Delhaye


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Hubert Sherbourne

Hubert Sherbourne (1928-2002)

Photo Hubert SherbourneNé en 1828 à Lapugnoy, Hubert Sherbourne est scolarisé à Annezin où ses parents ont déménagé.
Il fait ses premières gammes à l’école de musique annezinoise.
Employé dans une entreprise d’affrètement fluvial, il mène aussi une carrière de musicien de bal.

Après un passage à la Lyrique des Cheminots, au lendemain de la Libération, le saxophoniste Hubert Sherbourne fonde les Merry Boys. L’orchestre fera danser Béthune jusque dans les années soixante-dix au Kursaal, boulevard Poincaré, un dancing ouvert avant la Première Guerre mondiale  où  les associations et diverses institutions organisent  des bals.

groupe les Merry Boys

disque des Merry Boy
Disque des Merry-Boy

Autour d’Hubert Sherbourne (saxophone), l’orchestre des Merry Boys comprend
Raymond Brassart (trompette),
Roger Duriez (contrebasse),
Robert Jacquest (batterie),
Adonis Ledent (piano),
Spartaco Nocenti et Gérard Thoilliez (saxophone).

Un chroniqueur des années soixante-dix compare la longue carrière des Merry Boys à celle des Compagnons de la Chanson : « L’orchestre du Kursaal  réunit  une équipe solide, de bons copains et de véritables musiciens heureux de faire du bon travail ».

 Son fils Frank a pris la relève en se produisant dans des comédies musicales.


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René Vantouroux

René Vantouroux (1899-1988)

Né en 1890 à Béthune, René Vantouroux  fait des études de musique à Paris. Photo de Rene VantourouxIl y obtient un premier prix de piano de l’école Niederrmeyer.

A son retour, il reprend un magasin de lutherie au 103, boulevard Degeorge (l’actuel boulevard Poincaré) où il vend des instruments et donne des cours de piano ainsi que de solfège. Il succède à son père Paul pour diriger l’Orphéon béthunois, une chorale d’hommes fondée en 1871 qui répète à la caserne des sapeurs-pompiers.

Adhérant à un mouvement musical et festif de masse, l’Orphéon organise des « soirées bachiques » où l’on consomme plus de bière que de vin . Dans les années trente tout Béthune se presse au Kursaal pour y assister. Selon la presse de l’époque, on y apprécie « la joie, le beau chant et une musique endiablée. »…
Le cercle choral défile sous une bannière, comme les harmonies, et participe à de grands rassemblements. Son triomphe au concours de Caen, en 1934, est le plus mémorable.

Orphéon Béthunois
Sur les marches du théâtre de Caen où l’Orphéon béthunois a remporté un concours international en 1934

En 1960, René Vantouroux se fixe à Vouvray où il poursuit ses activités musicales. Après-guerre, l’Orphéon devient une chorale mixte.


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Auguste Dubois

Auguste Dubois (1871-1943)

Auguste Dubois est né à Saint-Venant le 27 août 1871. Son grand-père, violoncelliste et chef de musique  avait été organiste à l’église de Saint-Venant pendant 63 ans. Le père d’Auguste était violoniste et exerçait la profession d’instituteur. Il initie son fils à la musique à l’âge de 5 ans… Auguste a appris le violon et le piano. Il entame ses études à Aire-sur-la-Lys et  les poursuit au collège Saint-Bertin de Saint-Omer.

Portrait Auguste Dubois

A l’âge de 20 ans, Auguste Dubois s’engage au 73e R.I. de Béthune. Il était déjà lauréat d’un 1er prix de piano et d’un 2e prix d’harmonie à l’Ecole Niedermeyer de Paris où il s’était inscrit après son frère aîné.

Il devient professeur au collège de jeunes filles de Béthune. Il y enseigne pendant 16 ans. Le dimanche, il tient les orgues de l’église Saint-Vaast. Il participe aux Conférences littéraires des demoiselles Devaux.

Auguste Dubois poursuit sa carrière à la tête de la Philharmonique d’Arras, puis à celle des Concerts Symphoniques de Tourcoing  avec lesquels il joue « Gloire au travail » devant le président de la République Armand Fallière. En 1908, il prend la direction de l’harmonie Fanien de Lillers.

Compositeur de « Impressions d’Artois », une œuvre créée au casino de Berck, de  « La Mine », de « Paysage minier », de « Chant funèbre » ou « La Lys de Saint-Venant », Membre de la Société des auteurs et compositeurs, Auguste Dubois a écrit de courtes pièces pour piano et mis en musique quelques poèmes.  Il a aussi transcrit  pour harmonies des partitions symphoniques.

Il est le grand-père  de Monique Morelli (née Dubois, Béthune 19/12/1923 – Montmartre 27/04/1993). Chanteuse au répertoire d’abord d’inspiration réaliste, devenue ensuite une anthologie de la chanson poétique en chantant Mac Orlan, Carco, Bruant…

Auguste Dubois est également le grand-père de la poétesse béthunoise Denise Duong, lauréate comme lui des Rosati d’Arras.

Dans l’entre deux guerres, il se fixe place Lamartine à Béthune, face au monument à la gloire du 73e!

Mais c’est à la tête de l’harmonie des Mines de Bruay, dès 1919, que Dubois remporte ses plus grands succès. Forte d’une centaine d’exécutants, la phalange des mineurs se déplace dans toute la France. Le 15 décembre 1929, son chef réputé  dirige l’une de ses œuvres au Trocadéro à Paris pour le lancement du film « Fumées ».

Auguste Dubois meurt à Béthune le 10 février 1943, deux ans après avoir perdu son fils Raoul mort en captivité en Silésie. Selon son désir, il sera inhumé à Saint-Venant, près des paysages où il avait puisé son inspiration.

Depuis 1947, une rue de Saint-Venant ,  jusque là appelée rue du Pas-de-Calais, porte son nom.


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Marcel Legay

Marcel Legay (1851-1915)

Affiche Marcel LegayJoseph, Arthur, Jacques Legay, dit Marcel Legay, est passé à la postérité sous le surnom de « barde chevelu ». On l’appelait aussi  le « fou sublime », le « chauve chevelu »…

Issu d’une famille de porions qui le destinait à l’art de tonnelier, Marcel Legay entre au Conservatoire de Lille. Il chante comme baryton au théâtre du Havre puis quitte la scène à cause de sa mauvaise vue, et vient à Paris en 1876. Il fréquente les caveaux, chante dans les rues ses propres chansons.

Le Chansonnier Legay au Cabaret « Les Noctambules »
Le Chansonnier Legay au Cabaret « Les Noctambules » par Georges Leroux, 1906

En 1891, Legay  est engagé à l’Eldorado, puis chante dans les cabarets de Montmartre et du quartier Latin. Avec sa longue redingote, sa lavallière négligée, Marcel Legay a créé un type…

dessin de Marcel LegayIl fut l’un des précurseurs des chansonniers de  Montmartre. Il chantait ses chansons dans la rue en s’accompagnant à l’harmonium bien avant que le premier cabaret s’installât sur la Butte. Le barde chevelu vendait ses œuvres 0,10 franc  à un public ouvrier. De la même génération qu’Aristide Bruant, il fut de la première équipe du « Chat Noir ». Legay a mis en musique de nombreux poèmes de ses contemporains.

Son chef d’oeuvre reste « Ecoute ô mon coeur », un hymne identitaire des chorales artésiennes, dont il a composé paroles et musique.

Marcel Llegay artiste montmartrois

 Quelques éléments de biographie :

 1851 : Marcel Legay, fils de Charlemagne Legay et de Floride Duquesnoy, voit le jour le 8 novembre 1851, au sein d’une famille de mineurs, à Ruitz.

1858 : Mort de sa mère. Ecole primaire à Fampoux, près d’Arras « c’est un très vieux air des bords de la Scarpe », chantera-t-il plus tard dans son succès populaire « Ecoute, ô mon coeur ».

1870 : engagé volontaire pendant la guerre franco-prussienne, il termine son service comme clarinettiste au 43e R.I. Démobilisé, il est admis au Conservatoire de Lille. Ses études achevées,  il débute comme baryton au théâtre du Havre dans « La Favorite » de  Donizetti.

1876 : Il arrive à Paris avec 2000 francs d’économies. Il se fait voler son magot. Il tente alors de gagner sa vie en chantant dans les rues et les cabarets.

1878 : il édite sa première chanson « L’heure du rendez-vous », puis il en compose bon nombre d’autres. Fréquentant Aristide Bruant, Alphonse Allais, il se produit dans les guinguettes et les cabarets. Sur la Butte, les salles de spectacle fleurissent. Le barde chevelu chante au Chat noir, au Lapin agile, aux Quat’z’arts, au Moulin de la galette…

1904:  il compose « Ecoute ô mon coeur », paroles et musique.

1915:  le 16 mars, Marcel Legay décède d’une crise foudroyante d’urémie à son domicile, 10 rue Mansart à Paris. Il est enterré au cœur de Montmartre, dans le vieux cimetière Saint-Vincent.

Marcel Legay par Léandre
Marcel Legay par Léandre

Écoute ô mon cœur : interprété par Louis Lynel (1942)

La chaine Youtube : Les chansons de Marcel Legay
L’idée de cette chaîne est de faire revivre — et parfois vivre — l’œuvre musicale considérable du chansonnier Marcel Legay qui, s’il est aujourd’hui quasiment inconnu, fut en son temps (autour des années 1900) aussi célèbre que son confrère Artiste Bruant.

Le site officiel : Marcel Legay le site


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Charles Naninck

Charles Naninck (1860-1947)

FiPhoto de Naninckls d’un tailleur d’habits de Saint-Omer, Charles Naninck  est devenu Béthunois par une affectation militaire. En 1885,  cet officier premier prix de cornet à piston au conservatoire est nommé chef de musique au 73e régiment d’infanterie. Il occupe le poste jusqu’en 1912.  Naninck s’illustre notamment en remportant en 1907 un concours militaire à Caen,  où le chef de musique du régiment béthunois termine premier ex-aequo  avec le futur chef de la musique de la Garde républicaine.

Monsieur Naninck  a dirigé la fanfare du 73ème depuis 1884, il continuera à le faire jusqu’en 1912. A l’époque de cette photo, il avait 45 ans.

Portrait de naninck

Photo de la musique du 73èm en 1899
La musique du 73ème en 1899, avec Charles Naninck au centre

Peut-être, certains reconnaitront-ils un de leurs ancêtres dans le groupe de musiciens. Faire son service militaire dans la musique était assez intéressant; on s’y perfectionnait et on était exempt de certaines corvées et exercices. En plus des concerts donnés au jardin public, il y avait aussi les sorties dans les villes environnantes : tel ce voyage à Estaires ; pour s’y rendre, les musiciens allèrent à la gare de Béthune s’embarquer dans le tramway de l’Artois. Étant donné les nombreux voyageurs, ce dernier était trop chargé et ne put monter la côte du boulevard Poincaré, les musiciens durent descendre et le pousser jusqu’à la place Clémenceau, ensuite la route descendait et le voyage se termina bien.

En 1932, il devient Président d’honneur de l’association des anciens musiciens du 73ème RI. Le maire de l’époque, Alexandre Ponnelle, exprime alors son admiration pour cet ancien élève du Conservatoire de Paris : « par votre talent incomparable, vous avez transformé sous votre baguette et amené au rang le plus élevé la musique du 73ème de ligne et tenu sous le charme pendant plus d’un quart de siècle la population béthunoise ».

défilé militaire

La musique du 73e RI  défile dans le camp de Sissonne où le régiment est en manœuvre, en 1906. Ville de garnison, Béthune a beaucoup entendu de musique militaire, du règne de Louis XIV à la Troisième République. A la parade et dans les prises d’armes des cérémonies officielles, le clairon n’y sonne pas uniquement  derrière les murs des casernes. C’est sur la demande du régiment donnant régulièrement des concerts à la population civile que la municipalité a fait construire un  kiosque. Le maire Charles Dellisse-Engrand voulait l’ériger sur la place du Jeu-de-Paume (l’actuelle place Foch). Son successeur Oscar Dupuich a préféré le site du jardin public aménagé après le démantèlement des fortifications.

A sa retraite, Charles Naninck se fixe dans la rue  Marcellin-Berthelot où il donne des leçons particulières. Entre les deux guerres, « le capitaine à la baguette magique » devient chef de l’harmonie municipale, ce qui lui vaudra de se faire statufier au jardin public où il a si souvent dirigé.

Buste Naninck
Buste de Charles Naninck au jardin public

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Eugène Béghin

Eugène Béghin (1833-1903)

Qui connaît vraiment Eugène Béghin, historien local, décédé dans sa ville de Béthune le 31 août 1903 ?  Il est l’auteur d’une multitude de monographies historiques sur  Béthune et  quelques villes d’Artois. Souvent critiqué… mais toujours cité !Portrait Eugène Beghin

Mais comme « on n’est jamais mieux servi que par soi-même », laissons le soin à Eugène-Constant Béghin de se présenter lui-même.

Extrait de « Biographies béthunoises » par Béghin (Eugène Constant) :

« Béghin (Eugène Constant), né à Béthune le 22 mars 1833, fut destiné au notariat ; ses goûts lui firent préférer une vie calme et tranquille afin de pouvoir se livrer plus à son aise à l’étude. Sa famille, du côté paternel, est originaire d’Estaires et y jouit pendant longtemps d’une certaine influence . . .

Du côté maternel, sa famille [les Bouton d’Agnières] est une des plus anciennes de la ville de Béthune. Elle était propriétaire de sept seigneuries . . .

 . . . De bonne heure, Eugène Béghin s’occupa de recueillir les pages éparses de l’histoire de sa ville natale . . .

Livre d'Eugene Béghin


Comprenant que la musique élève l’âme et adoucit les mœurs, il créa à Béthune, le 21 octobre 1855, la « Société Chorale et Instrumentale » dite « L’Union », approuvée par le préfet le 7 février suivant et la ville de Béthune célébra l’avènement de cette société par un magnifique concours de chant qui eut lieu le 13 mai de la même année et auquel prirent part les sociétés chorales d’Arras, Douai, Lille, St-Omer.

Depuis, cette société est tombée ; il ne reste plus que la fanfare confondue actuellement [en 1871] avec la Compagnie des Sapeurs pompiers . . .

 Enfin, Béghin travailleur modeste et consciencieux, s’exerça aux recherches historiques en travaillant aux bureaux du Génie et les a poursuivies avec persévérance depuis qu’il est attaché au Secrétariat de la Mairie de Béthune.

D’un esprit naturellement droit et impartial, ses notes présenteront certainement un cachet d’authenticité et seront lues avec intérêt, d’autant plus que sa position lui permet de juger sainement les faits .»


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Pierre de Manchicourt

Pierre de Manchicourt (1510-1564)

Quel était son lien avec la famille de Manchicourt ayant un fief à Locon, commune qui a adopté son blason? Les biographes du compositeur Pierre de Manchicourt le font naître à Béthune vers 1510.

collégiale Saint-BarthélemyPierre entend ses premières messes chantées dans la collégiale Saint-Barthélemy. C’est là qu’il découvre son futur métier de musicien d’église.

Recruté comme enfant de chœur par la cathédrale d’Arras, il reçoit une instruction musicale et générale (grammaire, arithmétique, latin) à l’école capitulaire. Puis il débute comme chantre à Amiens, part à Tournai comme maître de chapelle, revient à Arras  comme chanoine. Il y est remarqué par le jeune évêque Perrenot de Granvelle qui deviendra un puissant personnage à la cour de Charles Quint. En 1557, Pierre de Manchicourt est nommé à Anvers.

Manchicour moineDeux ans plus tard, il est appelé à Madrid comme maître de chapelle de Philippe II, une fonction qu’il exerce jusqu’à sa mort en 1564.

Redécouvert depuis quelques années, le compositeur béthunois dont le concours d’orgue international porte le nom  a été plusieurs fois enregistré. Ses œuvres complètes ont été publiées par John D. Wicks et Lavern Wagner dans la collection Corpus Mensurabii Musicae de l’ American Institute of Musicology. On peut entendre sur Youtube quelques unes de ses messes ainsi que de ses motets et de ses chansons.

Le musicien des noces de Philippe II et de Marie Tudor
Le 25 juillet 1554, dans la cathédrale de Winchester,Pierre de Manchicourt dirige la musique qu’il  a composée pour le mariage de Philippe II d’Espagne et de Marie Tudor, éphémère reine d’Angleterre. Cinq ans plus tard, il sera appelé à Madrid pour diriger jusqu’à sa mort la chapelle flamande de l’empereur: un ensemble d’une cinquantaine de personnes dont une moitié de musiciens professionnels pour la plupart en provenance des Pays-Bas des Habsbourg.

tableau Mariage-philippe-2
Mariage Philippe II

Comme le maître de chant des cathédrales et des collégiales, le maître de chapelle devait composer des messes et des motets. Outre ses œuvres liturgiques, des polyphonies dont les musicologues vantent la clarté harmonique, Manchicourt nous a aussi laissé des madrigaux et des chansons.

L’ensemble Huelgas de Paul van Nevel en avait offert un aperçu au début des années 2000 à l’église Saint-Vaast.

GramophoneÉcouter Pierre de Manchicourt

Ô cruaulté : Huelgas Ensemble – Paul Van Nevel

Laudate Dominum : Nordic Voices

Long temps mon coeur languissoit: Huelgas Ensemble – Paul Van Nevel


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Thomas Créquillon

Thomas Créquillon (1505-1557)

Portrait Thomas CrequillonSon lieu de naissance est inconnu, mais fait probablement partie de ce qui constituait autrefois les Pays-Bas. Thomas Créquillon est considéré comme faisant partie de l’école franco-flamande. Il écrit 116 motets, 192 chansons, seize messes, cinq psaumes et des Lamentations, le tout dans le style polyphonique alors en usage dans la musique savante.

Partition de Thomas Créquillon
Partition de Thomas Créquillon

On a très peu d’informations sur le début de sa vie.
En 1539, il est maître de chapelle de la Capilla flamenca.
Aux alentours de 1540, il est membre de la chapelle bruxelloise de Charles Quint. Les documents conservés sont contradictoires, on ne sait pas s’il est maître de chapelle ou simple chanteur. Il occupe ensuite peut-être des fonctions de chanoine à Termonde, Béthune, Louvain et Namur.

Contrairement à la plupart des compositeurs de l’école des Pays-Bas, il semble ne jamais avoir quitté sa région natale pour l’Italie ou d’autres pays d’Europe. Il est peut-être mort de la peste qui ravage Béthune en 1557.

Pierre de Manchicourt fut son élève.

Tableau Le Concert dans l'œuf, copié ou inspiré de Jérôme Bosch
Le Concert dans l’œuf, copié ou inspiré de Jérôme Bosch : la partition représentée est celle d’une chanson légère de Thomas Créquillon, Toutes les nuictz, datée de 1549.
phonographeÉcouter Thomas Créquillon :

Ung triste cueur : Ensemble Fabridoen

Voyez le tort : Ernst stolz – Ernst’s Early Music

Je suis aymé, 5 voces : Ensamble La Danserye

“Toutes les Nuits” et “Response” : Evelyne Dasnoy – André Vandebosch


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