Thomas Créquillon

Thomas Créquillon (1505-1557)

Portrait Thomas CrequillonSon lieu de naissance est inconnu, mais fait probablement partie de ce qui constituait autrefois les Pays-Bas. Thomas Créquillon est considéré comme faisant partie de l’école franco-flamande. Il écrit 116 motets, 192 chansons, seize messes, cinq psaumes et des Lamentations, le tout dans le style polyphonique alors en usage dans la musique savante.

Partition de Thomas Créquillon
Partition de Thomas Créquillon

On a très peu d’informations sur le début de sa vie.
En 1539, il est maître de chapelle de la Capilla flamenca.
Aux alentours de 1540, il est membre de la chapelle bruxelloise de Charles Quint. Les documents conservés sont contradictoires, on ne sait pas s’il est maître de chapelle ou simple chanteur. Il occupe ensuite peut-être des fonctions de chanoine à Termonde, Béthune, Louvain et Namur.

Contrairement à la plupart des compositeurs de l’école des Pays-Bas, il semble ne jamais avoir quitté sa région natale pour l’Italie ou d’autres pays d’Europe. Il est peut-être mort de la peste qui ravage Béthune en 1557.

Pierre de Manchicourt fut son élève.

Tableau Le Concert dans l'œuf, copié ou inspiré de Jérôme Bosch
Le Concert dans l’œuf, copié ou inspiré de Jérôme Bosch : la partition représentée est celle d’une chanson légère de Thomas Créquillon, Toutes les nuictz, datée de 1549.
phonographeÉcouter Thomas Créquillon :

Ung triste cueur : Ensemble Fabridoen

Voyez le tort : Ernst stolz – Ernst’s Early Music

Je suis aymé, 5 voces : Ensamble La Danserye

« Toutes les Nuits » et « Response » : Evelyne Dasnoy – André Vandebosch


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Nicolas Gombert

Nicolas Gombert (1495-1556)

Portrait Nicolas-GombertNicolas Gombert (vers 1495 – vers 1556) est né en Flandre française, à La Gorgue . Nicolas Gombert est un compositeur de l’École franco-flamande, maître des enfants de chœur de la « Capilla flamenca » (Chapelle flamande) de Charles Quint et, plus généralement, responsable de cet ensemble vocal, également instrumental, composé (comme partout ailleurs dans les églises européennes) d’hommes adultes professionnels et de garçons (souvent futurs professionnels).

En 1526, il est chanteur à la chapelle à la cour de Charles V, et à partir de 1529, maître des enfants.

Il accompagne la cour dans ses voyages en Espagne, Italie, Autriche, Allemagne. Il n’est pas maître de chapelle. Cette fonction est assurée par Adrien Thibault, dit Pickart puis par Crecquillon. Mais Gombert est compositeur pour les grandes cérémonies.

enfant de coeurClerc, peut être prêtre, il a des bénéfices ecclésiastiques à Courtrai, Lens, Metz, un canonicat à la cathédrale de Tournai en 1534.

Sur les listes de la chapelle impériale de 1540, le nom de Gombert disparaît au profit de celui de Cornelius Canis. Selon Jérôme Cardan (1501-1576), Gombert aurait violé un garçon du service de l’empereur, et aurait été condamné aux galères et à l’exil.

Toujours selon Cardan, il aurait alors composé les chansons du cygne grâce auxquelles il aurait obtenu son pardon. Il n’existe pratiquement pas d’informations sur sa vie après son retour.

En 1547, un de ses motets est envoyé (depuis Courtrai) accompagné d’un hommage à Charles. En 1556, Hermann Finck écrit comme si Gombert était vivant. D’autres sources (Guicciardi, Cardan) indiquent en 1561 et 1565 que Gombert est décédé.

phonographeÉcouter Nicolas Gombert :

Puisqu’ainsi est : Ensemble Clément Janequin, Dominique Visse

Lugebat David Absalon : Choir of Merton College, Oxford

Motets – Musea lovis : The Golden Age of European Polyphony


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Antoine Busnois

Antoine Busnois (1432-1492)

Portrait d'Antoine Busnois
Portrait d’Antoine Busnois

Antoine Busnois (ou Anthoine De Busne) est un compositeur et poète français à la cour de Bourgogne, né vers 1433 à Béthune, mort avant le 6 novembre 1492 à Bruges. Il est la principale figure de la fin de l’École bourguignonne.
Contemporain d’Ockeghem, il s’est principalement consacré à la chanson, puisque l’on a de lui plus de 70 chansons dont 9 motets, 4 magnificat, 2 messes basées sur le thème de « L’homme armé », et des pièces isolées de messe. Parmi ses chansons, on compte 29 rondeaux, des bergerettes (dont le trois voix domine).

Bien que les détails sur le début de sa vie soient hypothétiques, il est originaire de la région de Béthune, peut-être du village de Busnes, auquel son nom semble se référer. Il a peut-être un lien de parenté avec une famille aristocratique ; en particulier Philippe de Busnes, chanoine de Notre-Dame à Lens, aurait pu être un de ses parents. Il reçoit assurément une excellente éducation musicale, probablement dans un chœur d’église, quelque part dans le nord ou le centre de la France. Une origine aristocratique peut expliquer sa précoce association avec la cour royale française : dès les années 1450, il est fait référence à lui et, en 1461, il devient aumônier à Tours. Il n’est pas entièrement un homme de paix, puisqu’il signe une pétition pour l’absolution à Tours, datant du 28 février 1461, dans laquelle
il admet avoir pris part aux activités d’un groupe qui a frappé un prêtre,
« jusqu’au sang », non pas une mais cinq fois. Il est également assez téméraire pour célébrer en messe l’anathème, acte qui lui apporte l’excommunication. Cependant le pape Pie II l’absout.

Il déménage de la cathédrale à l’église collégiale Saint-Martin de Tours, où il devient sous-diacre en 1465. Johannes Ockeghem est alors le trésorier de cette institution, et les deux compositeurs semblent s’être bien connus.
Plus tard, en 1465, Busnois voyage jusqu’à Poitiers, où il devient maître des jeunes choristes, et réussit également à attirer de nombreux et talentueux chanteurs de la région entière. A cette époque, sa réputation de professeur de chant, d’érudit, et de compositeur s’élargit. Cependant, son départ est aussi soudain que son arrivée, en 1466. Il n’en donne aucune raison et déménage ensuite en Bourgogne.

Partition de Antoine Busnois
Manuscrit de Missa O Crux Lignum , une messe par Busnois, milieu du 15eme Siècle.

En 1467 Busnois, au service de la cour de Bourgogne, commence à composer pour elle, juste avant l’accession de Charles le Téméraire au rang de duc.
En Portrait Charles le Témérairedépit de son amour de la guerre, Charles adore la musique, et il apprécie et récompense Busnois. Aussi, en 1467, il enrôle Busnois ainsi que Hayne van Ghizeghem et Adrien Basin comme chantres et valets de chambre. En plus de ses fonctions de chanteur et de compositeur, Busnois accompagne le duc dans ses campagnes militaires, avec Hayne van Ghizeghem. Busnois est en effet du siège de Neuss en Allemagne en 1475, et survit miraculeusement à la désastreuse bataille de Nancy en 1477, au cours de laquelle Charles le Téméraire est tué et où s’achève l’expansion de la Bourgogne.

charles le temeraire à Nancy
Bataille de Nancy

Busnois reste au service de la cour bourguignonne jusqu’en 1482, mais on ne connaît rien de ses employeurs entre cette date et 1492, année de sa mort. Quand il meurt, il travaille pour l’église Saint-Sauveur de Bruges.

A cette époque, il est un compositeur reconnu dont la réputation est immense. C’est un des musiciens les plus connus en Europe, sa musique est largement diffusée. Encore aujourd’hui ses œuvres sont interprétées par de nombreux artistes et ensembles dans le monde entier.

GramophoneÉcouter Antoine Busnois :

Le corps s’en va et le cuer : Ensemble Astéria

A vous sans aultre : Ensemble Alkemie

Fortuna desperata : Cantica

Amours nous traitte honnestement : Capella Sancti Michaelis


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Conon de Béthune

Conon de Béthune (vers 1150-1219)

Quesnes de Béthune était issu de la famille féodale de Béthune, fondée par Robert 1er dit le « Faisceux ». Dixième enfant de Robert V, avoué de l’abbaye Saint-Vaast d’Arras, Quesnes, ou Conon, né au milieu du XIIe siècle, n’a aucune chance de faire un riche mariage… alors,comme beaucoup de chevaliers errants, il deviendra poète.

portrait Conon de Béthune

Il part tenter fortune à la cour de France  où Marie de Champagne, fille du roi de France Louis VII le jeune et d’Aliénor d’Aquitaine, reçoit la première l’hommage de ses chants. D’une dizaine d’années plus âgée que Conon, Marie de Champagne  inspirera au jeune poète une brûlante passion qu’il exaltera en vers… Mais l’amoureux sera éconduit. Comme avant lui les troubadours soupirant pour des belles inaccessibles en raison de la différence d’âge ou de rang social, Conon chante un amour jamais assouvi … amour courtois oblige !

Protectrice des poètes, Marie, demi-sœur de Philippe Auguste et de Richard Cœur de Lion,  ouvre à Conon les portes de la florissante cour de Champagne. Notre trouvère y devient  un modèle de courtoisie, se faisant une réputation d’homme fin et délicat.

Partition de Conon de Béthune
Partition de Conon de Béthune

Le poète des cours d’amour va se métamorphoser en fin diplomate, notamment dans les négociations avec le doge de Venise pour la traversée des croisés.  « Bon chevalier et sage estoit et éloquents », selon le chroniqueur Geoffroi de Villehardouin qui a participé avec lui à la quatrième croisade.

Quatorze pièces de poésies attribuées à Conon de Béthune, dont dix assorties d’une notation musicale,  sont parvenues jusqu’à nous. On y trouve les thèmes de l’amour courtois (fin’amor) et des départs pour la Croisade.
Les « chansons de croisade » furent écrites en 1188, l’année de la « mort noire » à Béthune, la « Grande peste » qui verra naître la confrérie des Charitables. de Saint-Eloi ».

Conon a pris part:
-à la 3e Croisade (1189-90), avec les rois Philippe-Auguste, Richard Cœur de Lion et Frédéric Barberousse.
à la 4e Croisade, celle de la prise de Constantinople (1202-1204), sous le commandement du Comte de Flandre.

Conquête de ConstantinopleConon meurt en 1219 ou 1220 après avoir été nommé gouverneur d’Andrinople. (aujourd’hui Edirne, en Turquie)  puis régent de l’Empire Latin d’Orient durant les absences de Baudouin.

phonographe-graphophoneÉcouter Conon de Béthune

Ahi! Amours : Early Music Consort of London, Claudio Monteverdi

Bien me deüsse targier : Sequentia SME (deutsche harmonia mundi)

Tant ai amé c’or me convient haïr : Ensemble Perceval / Robert Guy [dir. & instr.]


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